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Jules Guérin

- Wikipedia, 1/12/2011

Jules Guérin
Jules Guérin.jpg

Naissance 14 septembre 1860
Madrid ( espagne )
Décès 12 février 1910
Paris
Langue d'écriture Français
Genres Essais


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Jules Guérin (Jules-Napoléon) (14 septembre 1860 - 12 février 1910[1]), journaliste français, directeur de l'hebdomadaire L'Antijuif.

Sommaire

Biographie

Né à Madrid en Espagne où son père ingénieur avait été appelé pour construire la première usine à gaz espagnole, il grandit à Paris et a très vite des aspirations politiques proches des anciens communards. C'est lui qui fera rencontrer Louise Michel au Marquis de Morès. Sa première arrestation a lieu pendant les obsèques de Jules Ferry en 1893 : de nombreux anarchistes reprochaient à l'ancien maire de Paris, sa sévérité lors des insurrections du 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871.

En réaction contre l'obédience maçonnique du Grand Orient de France, il fonde la ligue antimaçonnique et antisémite du Grand Occident de France (issue de la Ligue antisémitique de France fondée en juin 1896) qui fut particulièrement active et virulente lors de l'affaire Dreyfus. Il est alors financé par le duc d'Orléans[2].

Journaliste anti-dreyfusard et militant antisémite proche d'Édouard Drumont (avec lequel il se brouillera plus tard), directeur de la Ligue antisémite formée dans la foulée de l'affaire, Guérin était également membre de la Ligue de la patrie française. Il fut impliqué dans le coup d'État manqué mené notamment par Paul Déroulède en 1899.

Comme ses compatriotes (parmi lesquels se trouvent les royalistes André Buffet et Eugène de Lur-Saluces) ralliés par le Duc d'Orléans, Guérin est poursuivi pour complot contre la sûreté de l'État. Il se réfugia alors dans l'immeuble qu'occupait l'organisation du Grand Occident de France sur la rue Chabrol (siège de son journal) avec une douzaine d'hommes armés et y soutint un siège qui dura 38 jours (épisode dit du "Fort Chabrol"). La garde républicaine et la police dirigée par le préfet Lépine sont apparus comme inefficaces, cela suscita des railleries dans l'opinion publique. Après sa reddition, il fut arrêté ; le gouvernement de défense républicaine décida de poursuivre les meneurs en Haute Cour[3]. Il fut condamné, avec Paul Déroulède, au bannissement et à l'exil.

La théorie du complot pour renverser le pouvoir peut être remise en cause par le fait que les acteurs se détestaient et se jalousaient ainsi il aurait été difficile qu'ils s'unissent.

Jules Guérin poursuivra malgré tout son activité antisémite et sa propagande anti-dreyfusarde jusqu'à sa mort à Paris en 1910. Il est enterré au cimetière Montmartre. Sa tombe restée sans nom pendant 80 ans, a été restaurée par l'Association Mémoire Jules Guérin. Louis-Ferdinand Céline lui rend hommage dans Maudits soupirs pour une autre fois[4] : « Le Fort Chabrol dans mon enfance... la rue barrée en face de l'église... en haut de la rue La Fayette. Ça me faisait repasser des souvenirs... J'écoutais plus leurs bêtises... C'était encore avec mon père après son bureau. Ils tiraillaient par les fenêtres, ils soutenaient un siège... des anarchistes... Je la voyais encore la rue... la rue vide... la barricade... on était montés de l'Opéra, enfin de notre Passage. C'était un événement terrible. Je crois que c'est les premiers coups de feu que j'ai entendus... Et puis du temps avait passé... Je me souvenais bien du nom de leur chef : Guérin... Mon père en parlait souvent... Et puis encore quelques années... Un dimanche d'hiver à Ablon en 1910, j'avais vu partir son cercueil sur un bachot. »

Œuvres

Bibliographie

sur le coup d'État de la Patrie française
  • Charles Chenu, Affaire de la "Patrie française", 18-19 avril 1899. 9e chambre du Tribunal correctionnel. Plaidoirie de Me Chenu, Paris, Plon-Nourrit, 1899.
  • Haute Cour de justice. Affaire Buffet, Déroulède, Guérin et autres, inculpés de complot, 8 fascicules, Paris, Imprimerie nationale, 1899.
  • Le Procès de la Patrie française, Perrin et Cie, 1899.
En général

Voir aussi

Notes et références

  1. article nécrologique du Figaro, 13 février 1910)
  2. Laurent Joly (2007), « Antisémites et antisémitisme à la Chambre des députés sous la IIIe République », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 3/2007 (n° 54-3), p. 63-90.
  3. http://www.senat.fr/evenement/archives/D40/deb3.html
  4. Maudits soupirs pour une autre fois, L-F Céline, page 210, éditions Gallimard, 1985, ISBN 2-07-070511-0

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