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Affaire Rey-Maupin

- Wikipedia, 21/01/2012

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L'affaire Rey-Maupin est un fait divers qui a eu lieu en région parisienne le 4 octobre 1994. Il a marqué les esprits par la jeunesse des protagonistes, leur personnalité (en particulier pour le silence de Florence Rey), le mystère qui l'entoure ainsi que par ses possibles motivations politiques. Florence Rey et Audry Maupin ont été présentés comme des révolutionnaires anarchistes ou du moins des militants proches de cette mouvance. Ce fait divers a relancé le débat sur la peine de mort en France. Il a suscité un grand intérêt médiatique et a inspiré une importante production artistique. Florence Rey fut surnommée par la presse la tueuse née ou la tueuse de flics. La fascination qu'elle exerça est liée, pour une grande part, à sa photographie d'identité judiciaire qui la présente apparemment impassible, les bras croisés, le regard vide ou défiant, avec une légère écorchure sur la joue[1].

«  ... Ah, j'existe, je le sens. C'est loin d'être une consolation. C'est parfois plus triste, puisque je n’ai pas d'histoire. Je me tais, mais je ne sauve pas le monde. Je sens déjà l'influence de la morale, de la police de la pensée ... Certains sont prêts au combat, mais se feront vite briser, d'autres sont déjà brisés et plus tard, ne sauront jamais nommer leur mal ... En face, la prison de Nanterre, toujours illuminée, qui me rappelle concrètement la réalité de ce monde. Je ferme la fenêtre et retourne à la chaleur de ma cellule et je pense à un refrain à deux francs : Que devient le rêve, quand le rêve est fini ? »[2] Florence REY


Sommaire

Les auteurs

  • Florence Rey est née le 27 août 1975 à Argenteuil. Bonne élève, éduquée dans un milieu catholique, son enfance est marquée par les hallucinations de son père atteint de schizophrénie. Selon ses camarades de classe, elle était douce, serviable et extrêmement timide. Elle aimait la nature et était passionnée par la littérature. En 1993, elle rencontre Audry Maupin et entame ensuite des études de médecine puis de lettres à l'Université de Nanterre.

Ils participent activement au mouvement anti-CIP de mars 1994. Puis après la fin de celui-ci, Audry Maupin, qui rêvait d'un nouveau Mai 68, se radicalise selon les témoignages de son père et de ses amis au procès. Le couple abandonne alors ses études. Ils se marginalisent, fréquentent le mouvement autonome et s'installent à Nanterre dans un squat au no 1 de la rue Becquet[3].

Les faits

Le 4 octobre 1994, Audry Maupin, 22 ans, et Florence Rey, 19 ans, attaquent les policiers de garde de la pré-fourrière de Pantin pour leur dérober leurs armes. Ils avaient prévu de les attacher avec leurs propres menottes puis de repartir en métro jusqu'à leur squat. Cependant, les policiers n'avaient pas de menottes. Pris de panique et se croyant poursuivis, ils s'emparent d'un taxi où se trouve déjà un passager, le docteur Georges Monnier. Arrivé sur la place de la Nation, le chauffeur du taxi pris en otage, Amadou Diallo, provoque un accident avec une voiture de police. S'ensuit une fusillade au cours de laquelle deux policiers, Thierry Maymard et Laurent Gérard, ainsi que le chauffeur de taxi sont tués à bout portant par Audry Maupin. Deux passants sont blessés. Les deux jeunes gens prennent ensuite en otage un automobiliste, Jacky Bensimon, et s'enfuient dans le bois de Vincennes. Pris en chasse par un motard de la police, ils ouvrent le feu avant d'être bloqués par un barrage. Une deuxième fusillade éclate. Un troisième policier, Guy Jacob, est tué. Audry Maupin est mortellement blessé et décèdera le lendemain à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Avant de se rendre, Florence Rey embrasse son compagnon, suivant le témoignage de Jacky Bensimon qui est également blessé dans la fusillade.

« En trente minutes, cinq personnes, dont trois policiers, ont été tuées. Depuis bien longtemps, la capitale n'avait pas connu un tel bain de sang. », écrira le journaliste Frédéric Couderc[4].

L'énigme Florence Rey, l'enquête et la couverture médiatique

Les réactions

La violence des actes causés par ces deux étudiants inconnus des services de police et issus de familles apparemment sans problème provoqua un vif émoi dans le contexte des manifestations étudiantes contre le CIP. Les réactions à l'équipée meurtrière du jeune couple, sont à la mesure de ce drame. « C'est tout de suite politique, c'est un événement national ... immédiatement cela prend une dimension, qui nous dépasse ... Nous nous retrouvons devant un fait de société » commentera une journaliste[5].

Une cérémonie et des hommages ont été rendus à la mémoire des trois policiers tués, cités à l'ordre de la nation et décorés de la Légion d'honneur, le vendredi 7 octobre 1994 à la préfecture de police de Paris. Le premier ministre Édouard Balladur promit que « l'application la plus sévère des lois serait réservée à ceux qui portent atteinte à la vie des représentants de la force publique »[6]. Des responsables politiques, dont le ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua, relancèrent le débat sur la peine de mort, en se déclarant personnellement favorable pour son rétablissement et en particulier « ceux qui assassinent des responsables des forces de l’ordre ». Jean-Marie Le Pen, Jean-Antoine Giansily du Centre national des indépendants, et Philippe de Villiers profitèrent également de la fusillade de la place de la Nation, pour se prononcer en faveur de la peine capitale. Michel Sapin du parti socialiste et ancien ministre de la Justice, se dit choqué par une telle instrumentalisation et « il faut absolument éviter de relancer ce type de débat au moment où des drames se produisent »[7]. Dans les rangs de la majorité, Philippe Séguin exclut tout débat sur la réintroduction de la peine de mort. Il s'oppose également au durcissement de la peine prévue pour le meurtre de policiers : « je trouve cette gradation dans l'horreur particulièrement déplacée. Je ne vois pas pourquoi ce crime serait plus horrible qu'un autre crime. Je ne connais pas de crime sympathique »[8]. Le lundi 10 octobre 1994, un rassemblement est organisé à l'appel du Front national pour le rétablissement de la peine capitale, mais ne réunit que deux-cents personnes à Paris[9]. Au lendemain de la tragédie, plus de cinq-cents chauffeurs de taxis ont exprimé leur colère par une manifestation, place de la Nation. Ils rendent hommage à leur collègue assassiné et réclament de meilleures mesures pour les protéger.

Ce fait divers intervient en plein débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi « sécurité ». Ce projet a suscité de vives polémiques entre l'opposition et le gouvernement d'alors, accusant ce dernier d'exploiter l'événement dramatique de la place de la Nation pour renforcer le dispositif sur la sécurité. Dès le 5 octobre 1994, Charles Pasqua à la tribune du Parlement, fait référence à Florence Rey et Audry Maupin pour justifier l'urgence du durcissement des mesures destinées à assurer l'ordre public : « les événements graves qui se sont produits la nuit dernière justifient que des mesures radicales soient mises en place pour combattre tous ceux qui menacent l'ordre public »[10]. Il est soutenu par plusieurs éditorialistes : « le débat théorique qui s'était engagé sur le risque de voir les forces de l'ordre abuser des prérogatives nouvelles qui leur sont octroyées (…) paraît presque déplacé aujourd’hui. Car il y a plus que péril en la demeure. Il y a le feu[11]. Voilà que surgissent, dans le centre de la ville, la violence gratuite et l'instinct de mort (…) en ce sens les propositions de Charles Pasqua sur la sécurité peuvent être approuvées dans leurs grandes lignes »[12]. Les lois dites Pasqua sur la sécurité seront finalement adoptées le 21 janvier 1995.

La médiatisation

Emmenée à la police judiciaire ce mardi soir 4 octobre 1994, Florence Rey se mura dans le silence. Il fallut plus de dix heures d’interrogatoire pour qu’elle donne enfin son nom. Ce mutisme presque complet, qui dura plusieurs mois, fut interprété par les psychiatres comme un « état de sidération ».

L’intérêt pour ce fait divers sanglant fut renforcé par la diffusion de la photographie anthropométrique de Florence Rey qui fit la « une » de la presse. En l’absence de déclarations de l’accusée et de mobiles clairs, elle fut l’objet de tous les commentaires. Comme le souligne un journaliste au moment du procès : On s’apprêtait à juger une photo (...) Avec son écorchure sur la pommette droite, son visage sale qu’on dirait noir de poudre (...) son regard inhumain où brille encore une excitation meurtrière, Florence Rey apparaît à la une des quotidiens et des hebdos comme une goule sanguinaire, une terroriste murée dans son silence et dans sa haine[13].

L’affaire fera l’objet de titres chocs dans la presse, avec ses interrogations : pourquoi ces deux jeunes gens si ordinaires, ont-ils semé la mort ? Certains médias vont dresser de Florence Rey, une légende noire. Elle est devenue la « tueuse de flics ». Un nouveau mythe est en train de naître, celui de Florence Rey, dans la continuité de ses aînées Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Patricia Tourancheau, du journal Libération[14], fera remarquer que « Florence Rey a vraiment suscité une émotion et quelque chose de particulier ». Mais Florence Rey n’a jamais eu la prétention de suivre la même voie que Louise Michel et a toujours réfuté cette idée de Pasionaria. Cette affaire médiatisée, impliquant une femme, provoque fascination et aversion à la fois. Elle grave son empreinte dans la mémoire collective et va inspirer écrivains, musiciens, artistes, réalisateurs de cinéma.

Dans les mois qui suivirent la fusillade, des t-shirts à l’effigie de Florence Rey furent imprimés et des rappeurs lui dédièrent des chansons[15]. Elle devint pour les uns, une icône rebelle, pour les autres, le symbole du malaise d’une jeunesse en panne d’avenir et d’idéal. Christophe Deleu souligne dans son analyse du traitement médiatique de cette affaire que « l’énigme Florence Rey, c’est aussi l’histoire d’une récupération médiatique, d’une réécriture de l’histoire de deux jeunes gens[16] ». Certains journalistes avancèrent ainsi que leur coup de folie aurait pu être inspiré par la vision du film d’Oliver Stone, Tueurs-nés. Ils se fondaient sur le fait qu’une affiche du film avait été trouvée dans le squat de Florence Rey et d’Audry Maupin. Un débat fut lancé sur l’influence des films violents et sur leur interdiction. En réalité, cette affiche a été apportée par un photographe[17]. Avec une habile mise en scène et suivant les besoins de l’image, le prospectus se retrouve également à côté d’une cartouche et d’un catalogue d’armes. Tout comme il est établi que le jeune couple avait agi au cours de leur équipée irrationnelle, de façon impulsive et immature.

Christophe Hondelatte dira à propos de la médiatisation : « Cette affaire a fait fantasmer beaucoup de monde. Trop de monde. On y a vu un remake de Tueurs-nés, le film d’Oliver Stone. On a voulu donner à ce crime un sens qu’il n’avait pas. Un mythe né d’une photo, celle de Florence, visage énigmatique, et d’une absence, celle d’Audry, tueur aux allures romantiques. Le grand public n’aime pas les assassins qui n’ont pas la gueule de l'emploi. Ces deux-là auraient eu une mine patibulaire et des airs de brutes qu’on les aurait sans doute vite oubliés. Parce qu’ils étaient jeunes, beaux et amoureux, le crime devenait impensable. On en parlerait jusqu’à la fin des temps. Il faut peu de choses pour nourrir la notoriété d’un fait divers[18] ».

L'enquête

Une autre piste avancée fut celle de l’influence d’une idéologie d’extrême gauche qui aurait poussé les deux étudiants à s’en prendre aux forces de l’ordre. Elle se fondait sur le fait que l’on avait retrouvé de la littérature et des tracts anarchistes dans le squat ainsi que dans la chambre de Florence Rey chez ses parents. Une partie de la presse vit dans les deux jeunes gens des héritiers d’Action directe. Dans cette perspective, le vol d’armes de policiers aurait pu être une action préparatoire pour mettre sur pied un groupe terroriste révolutionnaire ou être l’épreuve pour intégrer un groupuscule déjà existant. Cette interprétation a semblé être confirmée par la mise en cause d’un troisième homme, Abdelhakim Dekhar qui aurait fait le guet à Pantin et qui se présentait comme membre des services secrets algériens chargé d’infiltrer, pour le compte de la police, la mouvance autonome[19]. L’hypothèse que les deux jeunes anarchistes auraient pu être victimes d’une manipulation a même été avancée. Toutefois, si Dekhar a été condamné à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs, son caractère mythomane fut prouvé par les experts psychiatres. Au procès, aucune preuve n’est venue confirmer l’existence d’un groupe révolutionnaire plus vaste auquel auraient appartenu Florence Rey et Audry Maupin.

Florence Rey et Audry Maupin ont également été présentés comme un couple diabolique uni dans le crime à la Bonnie and Clyde ou comme deux jeunes « paumés » en rupture avec la société. Animés par une idéologie vaguement nihiliste et confrontés aux difficultés matérielles de la vie dans leur squat sans eau ni électricité, ils auraient voulu voler des pistolets dans le but de s’en servir pour faire des braquages de banque afin d’avoir de l’argent. Ils se seraient trouvés pris dans une spirale de violence qui les aurait dépassés. Cette hypothèse, défendue par les avocats de Florence Rey, a semblé s’imposer au procès, même si celui-ci n’a pas permis de faire toute la lumière sur l’affaire. Florence Rey resta, en effet, toujours très vague sur les circonstances et les mobiles de l’attaque de la pré-fourrière et des fusillades qui l’ont suivie. Elle se contenta de répéter au juge d’instruction Hervé Stéphan, qu’elle n’avait pas voulu qu’Audry, dont elle continuait alors à parler au présent, risque sa vie sans elle. Mais Florence Rey culpabilise d’avoir partagé « l’idée irréfléchie » d’Audry Maupin. Lors d’un interrogatoire devant le juge, le 21 juin 1996, elle déclare : « Je regrette que cela se soit passé, parce que cela a fait souffrir beaucoup de gens et que c’était stupide. Sur le moment, je n’ai pas réfléchi pour suivre Audry. J’étais dans des conditions pas très stables. J’avais du mal à m’opposer et à m’affirmer par rapport à Audry. Je me fais des reproches là-dessus. J’avais besoin de me sentir utile et qu’il me reconnaisse, ce qui n’était pas souvent le cas[20] ».

« Le troisième homme »

Après la reconstitution de la pré-fourrière de Pantin le 24 octobre 1995, aura lieu celle de la place de la Nation le 15 novembre 1995, et enfin celle de la route de Gravelle le 12 décembre 1995. L’enquête connaît un nouveau rebondissement le 19 janvier 1996, avec l’incarcération d’une personne soupçonnée d’avoir été le complice de Florence Rey et Audry Maupin : Stéphane Violet. S’agit-il du guetteur de la pré-fourrière de Pantin, surnommé le « troisième homme » ? L’ami du couple avait quitté son domicile précipitamment, au lendemain de la double fusillade Place de la Nation et du bois de Vincennes. Stéphane Violet était activement recherché et sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis octobre 1994. Ce dernier s’est donc présenté spontanément ce 19 janvier, au juge d’instruction Hervé Stéphan, qui l’a mis en examen pour « association de malfaiteurs et complicité de vol à main armée ». Céline, l'amie de Stéphane Violet, est également mise en examen pour « association de malfaiteurs », mais laissée libre sous contrôle judiciaire. Cependant, Stéphane Violet rejette ces accusations et nie formellement avoir pris part avec le couple à l’attaque de la pré-fourrière de Pantin. Florence Rey interrogée le 14 février 1996 par le juge d’instruction, a tenu à innocenter Stéphane Violet et reconnait qu'Abdelhakim Dekhar est bien le « troisième homme » de Pantin. Abdelhakim Dekhar dit « Toumi » était déjà mis en examen et placé sous mandat de dépôt pour avoir acheté, sur présentation de sa propre carte d’identité, un des fusils à pompe ayant servi pendant la fusillade. D’autre part au moment des faits du 4 octobre 1994, deux témoins, un des gardiens de la pré-fourrière de Pantin et un passant, ont bien aperçu une troisième personne dont le signalement correspond à Abdelhakim Dekhar[21]. Stéphane Violet a été libéré le 23 février 1996 et bénéficiera d’un non lieu dans cette affaire, tout comme son amie Céline. Le mystère du troisième homme est enfin levé : Abdelhakim Dekhar sera poursuivi pour « Vols à main armée et participation à une association de malfaiteurs ». Le juge d’instruction a achevé ses investigations le 8 mai 1997. La première chambre d’accusation de la Cour d'appel de Paris renvoie Florence Rey et Abdelhakim Dekhar devant la Cour d'assises le 3 juillet 1997. Les charges qui pèsent sur Florence Rey sont graves : « Vols à main armée, meurtres et tentatives de meurtres commis sur des personnes dépositaires de l’autorité publique dans l’exercice de leurs fonctions ayant précédé, accompagné ou suivi d’autres crimes, enlèvements et séquestrations de personnes comme otages pour favoriser la fuite des auteurs d’un crime, participation à une association de malfaiteurs [22]».

Le procès et la libération

Le procès

Le procès, très médiatique, s’ouvrit le jeudi 17 septembre 1998 devant la Cour d’assises de Paris. Florence Rey y apparut prostrée et se montra presque incapable de s’exprimer au cours des deux semaines d’audience. Ses avocats, maîtres Henri Leclerc et Olivia Cligman lui reprochèrent même publiquement son attitude. Pour la défendre, ils la présentèrent comme une jeune fille qui avait suivi par amour son compagnon dans son projet de braquage, sans en mesurer les conséquences, et dont la vie avait basculé dans l’horreur dans la panique de la fusillade. Ils s’appuyèrent sur les expertises balistiques, qui prouvaient qu’elle n’avait tiré aucun des coups de feu mortels, ainsi que sur le rapport des psychiatres. Ceux-ci décrivaient l’accusée comme une adolescente fragile ayant grandi dans un « cocon familial pathogène » marqué par la maladie mentale de son père, victime d’hallucinations auditives et sensorielles graves, maladie qui était niée et cachée. Ils mirent en évidence la passion fusionnelle de Florence Rey pour Audry Maupin sous l’emprise duquel elle était, la complémentarité malheureuse des deux personnalités et l’absence de dangerosité sociale de la jeune femme.

Au premier jour de son procès, après le rappel des faits, Florence Rey doit expliquer sa position à l’égard des accusations que l’on porte contre elle[22]. Florence Rey est également interrogée sur sa relation avec Audry Maupin, la rencontre avec son co-accusé Abdelhakim Dekhar, les activités politiques et l’équipée meurtrière[23]. Avant de répondre aux questions du président de la Cour d’assises de Paris, Jean-Pierre Feydeau, elle fera une déclaration : « Je voulais dire aux familles des victimes que j’étais désolée... Que ça a été un enchaînement effroyable. Je comprends leur douleur. Je sais ce que c'est de perdre quelqu’un... de perdre un ami, un père, une mère... enfin... l’arrachement que cela représente. J’aurais aimé que ça n’arrive pas[23]».

Le vendredi 18 septembre, ce sera la déposition du premier otage, le docteur Georges Monnier, qui décrit un jeune couple exalté dans l’action. Si les témoignages oculaires sont confus et parfois contradictoires, tous s’accordent sur l'extrême violence de la fusillade de la place de la Nation. Le deuxième otage, Jacky Bensimon livre le récit du cauchemar de la course poursuite dans le bois de Vincennes, puis de la dernière fusillade. Pris pour un complice, il a reçu dans le genou, une balle qui provient de l’arme d’un policier. Selon Jacky Bensimon, Audry Maupin était dans un état d’excitation par opposition à Florence Rey, très calme[24]. Manifestement accablée, Florence Rey dit simplement qu’elle était paniquée et « ne savait plus quoi espérer pour que ça s’arrête[25] ». Si elle a tiré, c’est « pour protéger Audry, je n'ai pas vraiment tiré sur des hommes[26]». Les experts en balistique ont confirmé que Florence Rey n’a tiré aucun coup de feu mortel.

Tout au long de ce procès, les témoignages bouleversants se succèdent. Le mardi 22 septembre 1998, ce sont ceux des familles des victimes. Brigitte Jacob, l’épouse du motard Guy Jacob, 37 ans, tué au bois de Vincennes : « Quand Guy est mort, je suis morte avec lui. J’avais trente-six ans ... Si des témoins disent ne plus se souvenir de ce qu’ils ont vécu il y a quatre ans, moi je peux raconter précisément le glas de Notre-Dame, les haies d’honneur, les gens qui se signent au passage des cercueils. Je peux parler de mon fils. Il a vingt ans ... ».
Et elle se tourne vers l’accusée : « ... Il a le même âge que vous. Il ne vous pardonne pas[27]».

La veuve de Thierry Maymard, abattu place de la Nation à l’âge de 30 ans, évoque le métier de son mari qui s’occupait des : « ... Infractions au code de la route. Jamais il n’a eu à sortir son arme ». Le président Feydeau demande à Madame Maymard, elle-même policier, si elle a repris du service : « Oui. Mais je travaille sans la tenue. Je ne peux plus remettre une tenue[27]».

La mère de Laurent Gérard, tué à 25 ans place de la Nation, s’adresse à Florence Rey : « Pourquoi n’avez-vous pas voulu prendre d’arme, le jour de la reconstitution ? ».
Florence Rey : «  Parce que ... des armes... je n’ai plus envie d’en toucher... je voulais dire... j’ai conscience que... ».
Madame Gérard : «  Non, vous n’avez pas conscience ! Vous ne pouvez pas imaginer. Vous saviez ce que vous faisiez. À aucun moment, vous n’avez tenté d’arrêter. Quand on achète une arme, c’est pour s’en servir ! ».
Florence Rey, cherche ses mots : « Je voulais pas tout ça... Je comprends... ».
Madame Gérard, la mère de ce fils unique, répond aussitôt : « Non, vous ne pouvez pas comprendre[28] ! »

Madame Diallo, la veuve du chauffeur de taxi Amadou Diallo, 49 ans, tué place de la Nation, est arrivée de Guinée depuis trois mois pour être présente au procès. Elle ne parle pas français et c’est son avocat, Maître Jean Chevrier qui exprime en son nom, sa douleur : « Elle a pleuré tous les jours[29]».

Au fil du procès, Florence Rey replonge de plus en plus dans le mutisme qui l’avait prise durant des mois après le drame : « face au miroir des témoignages reflétant la terreur et l’indicible, Florence Rey avait tout au long de l’après-midi retrouvé son regard vide. Son visage sans vie, abattu qui fut celui de sa garde à vue silencieuse, où elle n’avait livré que cette seule déclaration : Je n’ai tué personne[30]». Son avocat, Maître Henri Leclerc la supplie de s’exprimer, en vain. Elle s’avère incapable de répondre, même aux questions les plus simples à tel point que l’avocate générale ou le président de la Cour d'assises, finissent par renoncer à prolonger les interrogatoires[31]. Un profond malaise envahit le tribunal.

Les psychiatres donneront une tentative d’explication à cet étrange comportement[32]. Pour eux, Florence Rey qui a grandi avec le lourd secret de la maladie de son père, dans un univers clos et silencieux, ne parvient pas à mettre en mot ce qu’elle a vécu et ce qu’elle ressent. Son enfance passée dans un milieu paradoxal où ce qui est anormal est présenté comme normal explique sa tendance à la rêverie et sa difficulté à distinguer le réel, de l’irréel[33]. Les experts décrivent son parcours comme une suite de « bascules ». L’adolescente fragile serait passée de l’enfermement familial à une relation fusionnelle avec Audry Maupin, idéalisée à l’extrême, sur lequel elle s’est complètement reposée pour étayer sa personnalité. La libération qu’elle a cru y trouver, s’est révélée un nouvel enfermement. Pour les psychiatres, Florence Rey s’est épuisée à vouloir correspondre à l’image que son amant attendait d’elle. A contrario, elle a été un objet d’affolement pour Audry Maupin durant la fusillade. Face à elle, il voulait ressembler au héros inébranlable, protecteur. Michel Dubec, expert auprès de la Cour d'appel, et son confrère psychiatre, le docteur François Cousin, concluent à la « complémentarité malheureuse » des deux jeunes gens, de leurs caractères et de leurs inconscients. Michel Dubec souligne cependant que l’équipée meurtrière n’est qu’un « accident » dans la vie de Florence Rey et qu’il n’y a aucun risque de récidive.

Le co-accusé Abdelhakim Dekhar alias « Toumi », est défendu par Maître Emmanuelle Hauser-Phelizon et Maître Raphaël Constant. Il reconnaît avoir acheté un des deux fusils à pompe, ayant servi lors des fusillades, mais réfute les accusations de complicité dans le braquage de la pré-fourrière de Pantin. Florence Rey a bien pourtant désigné Dekhar comme étant « le troisième homme » en février 1996, chargé de faire le guet lors de l’attaque à main armée, mais ce dernier persiste : « Je ne connais, ni Mademoiselle Rey, ni Monsieur Maupin ». Il affirme être victime d’un complot de la mouvance autonome[34]. Sa seule ligne de défense reste invariable et déclare « faire partie de la sécurité militaire algérienne ». A l’en croire, il était chargé par le gouvernement algérien d’infiltrer l’extrême gauche française, en relation avec des réseaux islamistes. Enfin, Dekhar parle de fréquents voyages en Algérie, Angleterre et la France. Selon ses déclarations, il se trouvait le soir du drame chez l’une de ses sœurs, à Londres. Cette présence à Londres est mentionnée qu’en septembre 1996, soit deux ans après l’incarcération de Dekhar. Alibi démenti par son propre frère, en rupture avec sa famille ... Les experts psychologiques ont clairement établi le portrait de l’accusé comme un « individu aux tendances affabulatoires et mythomaniaques qui font de lui un agent de l’ombre, investi d’une mission politique au service de la cause algérienne[35]».

Le jeudi 24 septembre 1998, les parents, puis les amis de Florence Rey et d’Audry Maupin, viennent témoigner à la barre. Les parents de Florence Rey réaffirment le mythe de la famille « normale », écorné par les experts-psychiatres[36]. La mère de l’accusée refuse de parler de la maladie de son mari qui relève, selon elle, du secret médical. Elle décrit Florence comme une enfant modèle : « C’était la fille que tout parent rêve d’avoir[37]». Son père confirme les mêmes propos : « jusqu’à ses 18 ans, Florence a été parfaite ». Anne-Marie Rey, qui n’a jamais rencontré Audry Maupin, explique que Florence était subjuguée par son premier amour. Pour son frère, Jean-Noël : « Florence suivait Audry comme un petit chien[38]».

Après quatre ans d’enquête, les parents d’Audry Maupin attendaient le procès dans l’espoir de comprendre comment leur fils et sa compagne en sont arrivés à commettre l’irréparable[39]. Le président Jean-Pierre Feydeau les avait autorisés à assister au procès, ce qui est exceptionnel pour des témoins. La mère d’Audry, Chantal Maupin, témoigne : « je sais qu’Audry est responsable de la tragédie. J’ai la douleur de l’avoir perdu, la douleur de ce qu’il a fait, et de toutes les souffrances qu’il a créées ce soir-là ». Elle ajoute : « Je ressens ce que ressentent toutes les mères qui ont perdu leur fils, et Florence ressent ce que ressentent toutes les veuves qui ont perdu leur compagnon ». Chantal Maupin, atteste qu’« Audry était entier, gentil, intransigeant », mais aussi qu’il « n’abandonnait jamais, il allait jusqu’au bout ». Selon elle, Florence et Audry étaient très amoureux, mais Florence n’osait pas contredire Audry. Stéphane Violet et les amis du club d’escalade confirment le caractère dominant du jeune homme, son impatience à exister face à la société et le désir de Florence à exister aux yeux de son amant. Audry mettait souvent Florence à l’épreuve que ce soit en escalade, au ski ou dans les discussions politiques. Lysiane Maupin confirme ce trait de caractère de son frère : « C’était difficile de dire non à Audry. Il fallait suivre, s’accrocher, être à la hauteur ». Le père d’Audry ne cache pas que son fils était révolté et rêvait de changer la société. Lui qui reprochait à ses parents l’échec de mai 68, s’était totalement engagé dans les manifestations des étudiants de 1994. La fin du mouvement avait été une désillusion pour lui. À partir de ce moment, Audry Maupin se radicalise, abandonne la faculté et coupe progressivement les liens avec sa famille. Bernard Maupin n’a pas d’explication sur l’attaque de la pré-fourrière de Pantin. Il ne croit pas à la thèse des braquages pour avoir de l’argent. Il ne voit pas Audry « s’embarquer dans un tel projet uniquement pour de l’argent, ou alors comme moyen d’alimenter une cause[40]». Il se demande si son fils n’a pas été manipulé par Abdelhakim Dekhar. Pour les parents d’Audry, le couple n’avait pas l’intention de tuer. Lorsque le taxi est entré en collision avec la voiture des policiers, Audry est « devenu fou » déclare sa mère, Chantal Maupin. Et au bord des larmes, elle poursuit : « Il a tué. Il a tué tout le monde. Je crois que ce soir-là, personne ne pouvait l’arrêter. Il n’y avait qu’une balle qui pouvait l’arrêter ». Aux témoignages poignants des parents, vient celui de leur fille Lysiane, la meilleure amie de Florence Rey, très émue : « Audry a payé pour ce qu’il a fait. Il ne faudrait pas que ce soit Florence qui prenne à sa place, ce que lui, ne peut pas prendre comme punition[41]».

Le lundi 28 septembre 1998, s’ouvrent les plaidoiries des parties civiles[42]. À leurs yeux, Florence Rey n’a « aucune circonstance atténuante ». Les avocats qui les représentent s’attachent à mettre à mal son personnage de jeune fille effacée derrière son compagnon Audry Maupin. « Je représente trois tombes de marbre froid » dit Maître Françoise Berrux, au nom des familles des trois policiers abattus : « Celles-ci ne peuvent admettre que leur mort soit le prix à payer d’une erreur de jeunesse, au nom de la liberté au bout du fusil[43] ». Pour elle, comme pour Maître Marie-Christine Chastant-Morand, Florence Rey avait « la volonté de tuer, et, si elle a raté sa cible, c’est parce qu’elle a été maladroite[44]». Pour les deux avocates, Florence Rey et Audry Maupin sont les « deux rouages indispensables de la mécanique criminelle ». Ils sont unis dans l’amour comme dans le crime. Les parties civiles disent leur déception de ne pas avoir obtenu les réponses qu’elles attendaient. Elles se demandent quel est le vrai but du vol des armes et si Florence Rey ne protège pas des complices. Surtout, elles opposent la Florence Rey pleine de sang-froid et de détermination le soir des faits, à la Florence Rey presque invisible et inaudible dans le box des accusés. « Elle a aujourd’hui un petit regard terne de chien battu, elle avait hier un regard de fauve[43]».

Maître Jean Chevrier, avocat de la famille d’Amadou Diallo, interpelle Florence Rey : « Ses papiers, que vous lui demandiez de vous donner dans le taxi et qu’il refusait de vous donner, c’était toute sa vie. C’était un problème de survie pour lui. Je vous demande simplement de réaliser les cinq à dix minutes de terreur que vous lui avez fait subir ». Maître Chevrier évoque « la solidarité des chauffeurs de taxi », mais s’interroge sur celle de la République : « Amadou Diallo a bien eu une décoration, mais la préfecture refuse d’accorder une carte de résident de dix ans à sa femme, qui ne pourra voir ses trois enfants, français, ou qui ne pourra se rendre comme elle le souhaite, au cimetière de Thiais, sur la tombe de son mari[43] ». Il considère Florence Rey comme « une tueuse qui n’a pas tué ». Il juge qu’elle a eu une influence « vénéneuse », voire « pousse-au-crime[45]», sur Audry Maupin.

L'avocate générale, Évelyne Gosnave-Lesieur prononce son réquisitoire le 29 septembre 1998[46]. Pour elle, Florence Rey est co-auteur et non complice du meurtre des trois policiers. Elle s’appuie également sur les contradictions des témoignages, et en raison d’« un flou qu’elle considère comme présomptions[47]», juge responsable Florence Rey dans le décès du chauffeur de taxi, Amadou Diallo, allant à l’encontre des expertises balistiques. Pour l’avocate générale, à aucun moment Florence Rey n’a été que l’ombre effacée de son amant. Elle ne faisait qu’un avec lui et devançait même les attentes de celui qu’elle aimait. Elle critique également l’attitude de l’accusée durant le procès. Elle reproche à Florence Rey d’avoir « adopté le profil d’une victime accablée par le destin[47] », et de jouer les « petites filles[48]». Pour elle « Rey Florence ne pleure que sur elle-même[49]» et n’a pas de sentiment de « culpabilité réelle et authentique[50] ». Elle demande aux jurés de ne pas se laisser apitoyer par l’histoire d’amour tragique qu’on leur raconte. « Des jours durant, vous avez vu l’accusée Rey Florence, empêtrée dans ses explications, refusant de fournir des réponses plausibles aux questions les plus simples (…) Ne reconnaissant que ce qu’elle ne peut nier[49]». Madame Évelyne Gosnave-Lesieur insiste sur la « gravité particulière des faits ». En cela, elle devrait normalement réclamer la perpétuité, mais ne requiert que trente années d’emprisonnement, en raison du jeune âge de l’accusée et du climat de « violence psychique de l'environnement familial[47]». L’avocate générale ne demande pas que cette peine soit assortie d’une période de sûreté, mais dit laisser au juge d’application des peines « le soin de vérifier l’évolution de l’accusée[47]». Elle affirme vouloir ainsi laisser à Florence Rey, une « dernière chance ».

Le procès touche à sa fin. Maître Olivia Cligman et Maître Henri Leclerc défendent Florence Rey dans un vibrant plaidoyer. Maître Henri Leclerc, avec force et émotion prend la parole[51]: « Vous ne pouvez pas la faire payer pour Audry !... Florence est devant vous, désemparée, ne pouvant dire les remords qui la taraudent. Oui, elle s’en veut de la mort de Laurent Gérard, Thierry Maymard, Amadou Diallo et Guy Jacob. Mais elle n’a tué, ni les uns, ni les autres. Elle ne voulait pas leur mort[52] ». L’avocat dénonce le coup bas de l’accusation qui a essayé de faire porter à Florence Rey la responsabilité de la mort du chauffeur de taxi. Maître Henri Leclerc s’inquiète : « j’ai peur que vous n’ayez pas compris ce visage », et revient sur le parcours de la jeune fille de 18 ans qui « a quitté un enfermement pour un autre, pour se donner l’illusion de la liberté. Elle est partie vers le soleil. Le soleil la conduisait à la mort. Et elle ne le savait pas ». Il évoque le chemin parcouru par sa cliente qui « se bat pour ne pas être une héroïne, ne pas être un exemple ». L’avocat évoque également la question des remises de peine : « Il n’y a jamais de libération conditionnelle pour qui a tiré sur des policiers ». Maître Leclerc enchaîne à ce propos et s’adresse aux jurés : « Elle fera la peine que vous lui donnerez. Alors, vous allez compter les années. Si Audry avait été là à ses côtés, combien aurait-elle pris ? N’oubliez pas que vous jugez les actes d’une adolescente, très jeune fille aujourd'hui. Pensez à la femme qu’elle deviendra. Savez-vous l’âge qui avance en prison, à la Centrale de Rennes ? Ne jugez pas pour semer le désespoir, ou au nom d’un ordre nécessaire, jugez-la pour la ramener parmi nous. Je vous demande d’être justes, donc d’être humains[53]».

À la fin des débats, le président de la Cour, Jean-Pierre Feydeau, demande à Florence Rey si elle souhaite ajouter quelque chose à sa défense, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Sa seule réponse fut : « Non... ».

Après cinq heures trente de délibéré, la Cour d’assises de Paris condamne Florence Rey à une peine de 20 ans de réclusion criminelle le mercredi 30 septembre 1998, sans période de sûreté comme co-auteur du meurtre de l’un des policiers et complice de celui des trois autres victimes. Le jeudi 1er octobre 1998, les trois magistrats de la Cour ont également condamné Florence Rey à verser 2,35 millions de francs de dommages et intérêts aux parties civiles. Les familles des victimes se sont déclarées déçues de la clémence du verdict. Pour Maître Henri Leclerc, il s’agit par contre d’une peine « lourde, très lourde, mais qui laisse un espoir ».

Une détention exemplaire

Florence Rey purgea sa peine d’abord à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis de 1994 à 2000, puis au Centre pénitentiaire de Rennes jusqu’en 2009[54]. Elle a fait, selon les informations diffusées à l’époque, plusieurs tentatives de suicide durant les premières années de sa détention. Florence Rey est placée en isolement de novembre 1994 à juin 1995 à cause du risque de suicide et du fait que l’on aurait retrouvé un plan de la prison, dessiné par elle, dans sa chaussure, ce qui a été interprété comme une tentative d’évasion. Elle refuse les tranquillisants et les somnifères qui accompagnent généralement les repas[55]. Quelques mois avant le procès qui aura lieu du 17 au 30 septembre 1998, Florence Rey souhaite que le père d’Audry, Bernard Maupin, ne vienne plus la visiter à la prison de Fleury-Mérogis[56].

À l’époque du procès, Florence Rey est apparue comme une détenue calme et discrète, appréciée par les autres prisonnières. Elle vient en aide à ses co-détenues, qui soulignent sa disposition bienveillante à l’égard des autres. Florence Rey participe activement à l’atelier théâtral de la prison et joue « Richard III » de William Shakespeare. Elle apprend l’informatique, le traitement de texte et la bureautique. Florence Rey se réfugie à la bibliothèque de la maison d’arrêt[55]. Elle lit notamment les philosophes classiques : Socrate, Platon, Aristote[57].

La presse a rapporté que Florence Rey a été rouée de coups dans la cour promenade de Fleury-Mérogis, le 14 février 1999 par des détenues mineures alors qu’elle participait, à un goûter d’anniversaire. Les gardiens ne sont pas intervenus et les secours semblent avoir tardé alors que la détenue restait sans connaissance. Une enquête interne, dont les conclusions n’ont pas été rendues publiques, a été ouverte par l’administration pénitentiaire afin de déterminer les circonstances de l’incident. Ses avocats auraient envisagé de porter plainte pour non assistance à personne en danger[58].

Après son procès, Florence Rey renonce à son pourvoi en cassation. La Cour en conséquence, constate le 14 avril 1999 ce désistement qui rend définitif la condamnation de Florence Rey. La détenue de Fleury-Mérogis, sera donc transférée à la Maison Centrale de Rennes[59], en 2000.

Tout au long de son incarcération, Florence Rey refuse les sollicitations de la presse et impose le même silence à ses proches. Elle est soutenue par sa mère qui est très présente durant sa détention. En janvier 2001, au Centre pénitentiaire de Rennes, Florence Rey demande à Chantal Maupin de ne plus venir la voir, face à une incompréhension mutuelle. La mère d’Audry donne par la suite sa version des faits : « Elle a voulu mettre un point final à cette histoire. C'est compréhensible, même si c’est dur à avaler »[60]. À partir de 2004, Florence reçoit les visites de son nouvel ami qui l’aide à se reconstruire.

A la Maison Centrale de Rennes, Florence fait beaucoup de sport, fréquente assidûment la bibliothèque et se perfectionne en informatique. Elle se passionne pour la peinture, sans aller jusqu’à l’autoportrait. Florence Rey a participé au jury d’un prix littéraire, le Prix Wepler[61]. Florence a obtenu ses premières permissions en 2007, quand l’administration de la prison a organisé ses sorties extérieures[54]. L’élève brillante du Lycée Romain Rolland d’Argenteuil s’est consacrée aux études et a préparé avec sérieux son insertion à venir, selon le personnel pénitentiaire. Florence Rey est très indépendante dans le choix professionnel, consciente de la difficulté que représente son dossier sensible et médiatisé. Elle a suivi des études universitaires d’histoire-géographie, mais celles-ci offrent peu de débouchés dans le cadre de son insertion. Pour compléter sa formation et encouragée par sa conseillère d'insertion et de probation, Florence Rey décide de s’orienter vers un BTS en comptabilité pendant les deux dernières années de sa détention. Elle effectuera son premier stage dans une entreprise en février-mars 2008 et un second pour la même période, l’année suivante. Florence Rey a pu sortir pour accomplir ces stages à Rennes. Elle passera les épreuves de son BTS juste après sa libération[54] . Décrite comme une détenue modèle par l’administration pénitentiaire qui a qualifié sa détention d’exemplaire, Florence Rey travaillait à la cuisine du centre de détention.

Le directeur de la prison de Fleury-Mérogis écrivait déjà à son propos en 1995 : « son comportement en détention est exemplaire, ses relations avec le personnel, irréprochables. Discrète, Florence Rey semble indifférente à l’impact médiatique de son affaire et n’en joue aucunement en détention ». Michel Beuzon, directeur du Centre pénitentiaire de Rennes exprimera la même opinion[54].

Le droit à l'oubli

Il faut noter que toutes ces informations ont filtré contre la volonté de Florence Rey. Ses proches comme ses avocats et l’administration pénitentiaire s’accordent pour dire qu’elle ne « veut pas qu’on parle d’elle » et qu’elle aspire à « retomber dans l’anonymat ». Son avocate, Maître Olivia Cligman, précise : « En réalité, elle a honte d’être devenue un personnage public sur des faits aussi épouvantables[57] ».

Mais la presse est fascinée par le destin de Florence Rey qui a participé à une équipée meurtrière, puis a grandi en prison pour en sortir « transformée [62]». Durant l’enquête et les deux semaines d’assises, l’affaire fait régulièrement la « une » de la presse. Les journalistes s’intéressent particulièrement aux personnalités des deux amants, à leurs familles et à la vie de Florence Rey en prison[63]. Cette attention se prolonge après le procès et même au delà de la fin de peine. Les mêmes questions reviennent sans cesse : qui est réellement Florence Rey ? Comment s’est-elle retrouvée à 19 ans au milieu d’une telle violence aveugle ? A-t-elle changé[64]? Certains articles diabolisent Florence Rey, alors que d’autres font preuve d’une plus grande compréhension. Le traitement médiatique de la libération de Florence Rey pose la question du droit à l’oubli pour les anciens détenus.

La libération

Florence Rey a été libérée en fin de peine, le 2 mai 2009, soit 15 ans après les faits. Les informations concernant sa détention ont été données dans un communiqué diffusé par l’administration pénitentiaire. Elle a bénéficié des remises de peine que tous les détenus reçoivent normalement pour bonne conduite et pour efforts de réinsertion[65]. L’annonce officielle le 25 juin 2009 d’une libération en fin de peine dans la presse, a paru exceptionnelle aux professionnels du droit[66]. Cette nouvelle a fait la une des médias et a provoqué des réactions très vives dans les commentaires des lecteurs sur les sites des journaux, dans les forums de discussion et sur les blogs. Le syndicat de police Alliance s’est dit choqué que des réductions de peine aient été accordées à une personne ayant tiré sur les policiers. Le syndicat a demandé l’ouverture d’un débat sur l’exécution des peines en France[67]. La garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie, interrogée à ce sujet, a précisé que cette libération était conforme à la loi[68]. « C’est très difficile à admettre pour les familles des victimes, mais cela fait partie des règles du système judiciaire. J’espère que Florence Rey sera bien encadrée. » déclare Maître Françoise Berrux[69], avocate des familles des trois policiers tués.

Cette libération intervient dans un climat marqué par plusieurs faits divers dans lesquels des policiers ont été pris pour cible ou tués. Une proposition de loi visant à supprimer les remises de peine a été déposée par des députés UMP. Mais celle-ci a été rejetée[70]. La proposition d’introduire une peine incompressible de 30 ans pour ceux qui ont tiré sur des policiers revient régulièrement depuis la fin de l’année 2009. De plus, l’affaire du groupe de Tarnac a ramené au centre de l’actualité la question de la menace de groupuscules d’extrême gauche. Pour justifier le danger que peuvent représenter les anarchistes, la fusillade de la place de la Nation est souvent citée comme exemple.

La polémique se poursuit également avec l’annonce d’un emploi assuré, dès la libération de Florence Rey. Cette information pouvait sembler provocante dans le contexte de la crise économique qui frappe de plein fouet le marché du travail avec pour conséquence, la suppression de milliers d’emplois. Contrairement aux commentaires d’un reportage télévisé, Florence Rey n’avait pas retrouvé une activité professionnelle régulière à sa sortie de prison. Aujourd’hui libre, la jeune femme souhaiterait tourner la page. Pour son avocat, Maître Henri Leclerc : « Quinze ans de détention, c’est une lourde peine. J’avais demandé aux jurés de lui laisser la chance d’avoir un jour des enfants. Je souhaite maintenant qu’elle puisse vivre tranquille[69] ».

Œuvres inspirées par l'affaire

L'affaire Rey-Maupin a exercé une grande fascination et a inspiré de nombreux artistes.

Littérature

En littérature, David Foenkinos lui a consacré un roman, « Les cœurs autonomes », dans lequel il met l’accent sur l’engrenage fatal de l’histoire d’amour désespérée qui a fait des deux jeunes gens des meurtriers[71]. Pour Foenkinos le couple a créé inconsciemment une machine infernale dès leurs premières rencontres. Elle les dépasse et les mène toujours plus loin jusqu’à la folie et à l’irréparable. Le jour de la fusillade il aurait pu ne rien se passer ou presque selon lui. Il décortique la série d’imprévus et de grains de sable qui font dévier le projet initial. L’engrenage emporte inexorablement le jeune couple dans la violence jusqu’au moment où la mort sépare ceux qui avaient fini par ne plus former qu’un. Foenkinos s’intéresse à la passion comme moteur du drame. Il y intègre la radicalité politique d’Audry Maupin. Elle l’intéresse d’un point de vue psychologique comme un élément de la relation des amants, de la violence des sentiments entre eux.
Chantal Montellier a traité ce fait divers sous l’angle politique dans une bande dessinée, « Les damnés de Nanterre »[72], en mettant en évidence le rôle du troisième homme. Elle replace la fusillade dans une filiation idéologique, une lutte commencée dans les Années de plomb. Florence Rey et Audry Maupin seraient le dernier maillon de cette histoire.
Florence Rey a inspiré à Patrick Besson le recueil « Sonnet pour Florence Rey et autres textes »[73]. Le poète s’y découvre une complicité secrète avec la criminelle. Tous deux sont des figures de « hors la loi », réfractaires à l’ordre établi, incapables de trouver leur place dans la société : « Dans le silence noir des chaînes de télé/ Le maudit brouhaha des radios nationales/ Et la bouillie méchante servie dans le journal/ Rien pour toi ni pour moi n’a été préparé ». Le poète déclare sa flamme à Florence Rey et par provocation, dit rêver de se marier avec l’adolescente, « qui n’aimera jamais sur terre qu’un seul garçon ». La figure de Florence Rey, sous le patronage de laquelle est placé l'ensemble du recueil, allie la rébellion et l’amour à la critique de la société, thèmes qui sont les fils conducteurs des textes réunis dans la suite du livre. Patrick Besson continue à explorer les liens entre l’écrivain et le hors la loi, esquissés sous forme de défis dans le sonnet, au travers de portraits d’écrivains qui ont connu la prison, Louis-Ferdinand Céline et Jean Genet. De même, la critique des médias amorcée dans le poème qui ouvre le recueil, se prolonge dans des portraits acides de vedettes médiatiques dans la seconde partie du recueil.
Pour Jean-Paul Bourre, elle incarne la révolte et une icône de la culture rock’n roll : « Sexe, Sang & Rock’n'Roll[74] ».
Gwenaëlle Aubry, qui dit être fascinée par le visage et par le silence de Florence Rey enfermée dans sa prison intérieure[75], s’en est inspirée dans son roman « L’isolée »[76], ainsi que dans un récit, « L’isolement »[77], où il est question du deuil et de la désolation.
Gérard Lambert a consacré deux romans à l’affaire. Dans « D’eau et de braise »[78], il cherche à comprendre par quelle dérive l’adolescente intelligente, cultivée et sensible, est passée du mal de vivre au geste fatal. Dans « Comme un jeu d’enfants »[79], il décrit la descente aux enfers des deux adolescents dépassés par leurs jeux de rôles dans lesquels ils se sont emprisonnés.
Mano, dans son roman d’anticipation « Un monde parfait »[80], met en scène un jeune couple rebelle, Léa et Samuel, qui choisit la marginalité et qui n’est pas sans rappeler Florence Rey et Audry Maupin.
Roberto San Geroteo, poète et traducteur espagnol, lui a dédié un poème dans son recueil « gens de la nuit » (Encres Vives, 2004). Elle y apparaît comme une revenante d’outre-tombe, une étrangère enfermée pour toujours dans sa nuit, « parti[e] en fumée le long des rues », consumée « au bout de son rêve ».
On reconnaît facilement l’histoire de Florence Rey, dans la nouvelle « L’Anamor(t) » de Renaud Santa Maria parue initialement dans la revue Bordel no 11 (2009) et reprise dans le recueil « le cœur en berne » (Stéphane Million éditeur, 2010). Le texte se présente comme le monologue d’une jeune femme détenue depuis 15 ans. Renaud Santa Maria fait de Florence Rey le symbole de l’amour fou qui peut mener à la mort et en même temps lui résiste. Dans le recueil elle apparaît comme une icône post-punk. Sa figure semble dire la faillite des idéaux de l’adolescence à laquelle succède la résignation.
Jacky Bensimon, l’un des otages, a écrit un livre de témoignage où il raconte sa vie avant le 4 octobre 1994, la prise d’otage et la manière dont il a vécu l’enquête et le procès[81].
Patrick Burgaud a créé un récit numérique interactif sur Florence Rey[82]. Lionel Bourg lui a consacré des pages notamment dans « Matière du temps »[83].
On peut encore citer « Florence Rey » par Jean-Roger Bourrec[84], « Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey » de Frédéric Couderc, « L’affaire Florence Rey » de Cathy Capvert, etc.

Florence Rey était devenue une sorte d’icône de la contre-culture. Gérard Guégan a par exemple affirmé que dans une sorte de prémonition, il avait écrit « La rage au cœur » (Champ libre, 1974) dans l’immeuble de la ZUP d’Argenteuil où Florence Rey a passé son enfance[85]. Des jeunes gens arboraient la photographie anthropométrique de Florence Rey sur leurs t-shirts avec le slogan « Freedom Florence ». Cette expression difficilement traduisible, peut signifier qu’ils demandaient sa libération mais aussi qu’elle était pour eux un symbole de liberté. Durant les mois qui ont suivi la fusillade, de nombreux intellectuels, éditorialistes, sociologues ont été amenés à donner dans la presse leur interprétation du fait divers et ce qu’ils pouvaient dire de l’évolution de la société.

Théâtre

Au théâtre, Sandrine Bauer a traité ce fait divers dans une pièce, « J’ai pas rêvé longtemps », montée à l’Espace 44 à Lyon en 2008, où elle imagine Florence Rey à sa sortie de prison qui revit les étapes de sa vie : la passion dévorante de son premier amour, les randonnées en montagne encordée à Audry, la nuit de folie meurtrière où elle le suit, puis le vide de la détention. Dans « ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment », Ludovic Longelin trace le portrait d’une jeune criminelle qui loin de se sentir coupable trouve le sens de sa vie dans le meurtre. Le geste de tuer devient pour elle l’unique manière d’affirmer sa présence au monde[86]. La pièce « Clara 69 » de Gildas Milin est également inspirée de la figure de la jeune femme[87], de même qu’« Une nuit au poste » d’Éric Rouquette[88], ou « Tom et Lou » de Jacques Develay. Florence Rey intervient dans « Karl Marx théâtre inédit » de Bernard Chartreux, monté par Jean-Pierre Vincent en 1997 au théâtre des Amandiers à Nanterre.

Cinéma

Au cinéma, « Muette est la girouette », un court métrage d’Alain Raoust, se présente comme une lettre filmée, adressée à Florence Rey. Le film a été tourné sous le coup de l’émotion suscitée par le braquage dans la semaine qui l’a suivi, en octobre 1994 et se termine par : « ... et j’espère que tu resteras muette, que tu ne parleras jamais ». Alain Raoust s’est également inspiré de Florence Rey dans son film « La cage[89]». Le réalisateur évoque la reconstruction d’une détenue à sa sortie de prison, au travers d’un long chemin initiatique dans la montagne. Elle y apprend à s’accepter, se réconcilie avec elle-même et retrouve le courage de regarder vers l’avant. L’actrice principale Caroline Ducey pour incarner son personnage, « n’avait en tête qu’un visage, dès la lecture du scénario, celui de Florence Rey[89] ». La similitude est grande avec la passion d’Audry Maupin pour l’escalade, passion à laquelle le jeune homme avait initié sa compagne.
Dans le court-métrage « Aux abois » (2000), Luc Wouters suit le rodéo sanglant de Florence Rey et d’Audry Maupin dans les rues de Paris en adoptant un point de vue subjectif.
Christophe Deleu a consacré une évocation radiophonique à ce fait divers. Il y met en perspective la dérive du jeune couple et la révolte désespérée dans laquelle il s’enferme au sein du malaise et des déceptions de toute une génération[90].
Dans « La Cérémonie  » (1995), Claude Chabrol se sert discrètement de l’image de Florence Rey à des fins narratives. Au cours de la rencontre de Jeanne et Sophie, Jeanne, jouée par Isabelle Huppert, tient sa photo à la main. Un parallèle est ainsi suggéré entre Sophie et l’image de jeune femme mutique, froide et mystérieuse de Florence Rey[91].
L’épisode de la série Commissaire Moulin intitulé « Les lois de Murphy » (saison 7, 2002-2003) est inspiré de la fusillade de la Nation ainsi que de la tuerie de Nanterre perpétrée par Richard Durn. La relation entre Florence Rey et Audry Maupin a influencé Isabelle Czajka pour aborder les rapports entre les personnages de son film D’amour et d’eau fraiche. La trame de l’histoire est celle d’une jeune femme fascinée par un marginal qui se laisse entraîner par lui.

Arts Plastiques

Dans les Arts Plastiques, Claude Lévêque, a souvent fait référence à Florence Rey dans ses installations[92], notamment dans « Le grand soir », exposition présentée en 2009 à la Biennale de Venise qui est construite autour d’une phrase attribuée à Florence Rey : « Nous voulons en finir avec ce monde irréel ».

Musique

En musique, de nombreuses chansons lui ont été consacrées et révèlent des interprétations radicalement différentes du fait divers. Plusieurs rappeurs citent ainsi « La tueuse de flics » qui était devenue, selon une journaliste, une « égérie rebelle sacralisée dans les banlieues[93] ». Parmi ceux-ci, on peut citer le ministère A.M.E.R. (sacrifice de poulets), Soprano (Le divan), LIM (Mon frère), Booba (100-8 zoo), Relic (Regarde), Mc Solaar (Gangster moderne), Keny Arkana, Kayna Samet (Tueuse née), NTM, etc.
Booba la considère comme une héroïne et lui crie son admiration : « d'vrait y avoir plus de filles comme Florence Rey ». Le groupe de Rock, The Kills, rend fréquemment hommage à Florence Rey dans leurs interviews et dans leurs concerts en la présentant comme une héroïne punk, icône de la révolte nihiliste de la jeunesse. Ils lui ont dédié la chanson « Fuck the people », et sa photographie figure sur la pochette de leur disque « Black Rooster ». Lors de leur concert au Printemps de Bourges en 2005, la chanteuse et le guitariste confirment que le nom du groupe est une référence à l'équipée sauvage des jeunes amants[94] : « Nous vivons la même chose, dont elle a cherché à sortir à sa façon. Dans un genre de révolte, son exemple reste impressionnant »[95]. À la sortie de Blood Pressures (2011), Jamie Hince déclare qu'il aimerait rencontrer Florence Rey : « mais j’imagine qu’elle ne veut pas qu’un groupe qui trouve ça admirable, se pointe, soit condescendant et la félicite. Je pense que c’est une personne importante. C’est une chose extrêmement importante qui lui est arrivée (…) C’est un « produit » parfait de l’époque. Elle est iconique, cinématographique (…) c’est du pur nihilisme »[96]. Des groupes anarcho-punk français se revendiquent de Florence Rey comme porte-drapeau d’un combat politique, notamment Dead Spike, Perfusés : « J't'aurais aimée », « Pousse au Krime », ou Pekatralatak dans « On va tous mourir » et « Liberté ». Cette chanson réclame sa libération et l’associe aux militants d’Action directe. Le disque de Pekatralatak était également accompagné d’un texte racontant son procès.
Le groupe d’indie rock espagnol « Fine! » a intitulé « Florence Rey », une plage électronique expérimentale sur leur premier ep (2000). Les Edmonds, groupe de jazz marseillais, a fait de même pour l’une de ses musiques sur leur disque « Enfin » (1999) : « L’oppossum » (Florence Rey). Les chansons dédiées à Florence Rey dans les années qui ont suivi son procès par des artistes qu’ils soient connus ou confidentiels témoignent d’un élan de sympathie d’une partie du public pour celle qui avait été présentée lors des audiences comme une adolescente fragile dépassée par ses actes.
Bertrand Louis a donné son nom à l’une de ses chansons où il évoque un rêve d'évasion et de liberté qui ne peut se réaliser que hors la loi. Le groupe rock Subway imagine ce que la jeune fille ressent lorsqu’elle est allongée sur le sol à la fin de la fusillade à côté du corps de son compagnon : « Eva » sur « Rien ne se voit » en 2003. Elle a inspiré à FFF, « Mon désordre » sur l’album « Vierge ». Cette chanson est une réflexion sur ce fait divers que les médias ont catalogué comme la révolte d’une génération d’incompris en oubliant la personne qui a commis l’acte. Pour Kayna Samet celle dont la presse a fait un monstre était juste une adolescente amoureuse à la folie. Elle s’indigne de l’insensibilité de la justice. Yves Simon a écrit « Pardonnez » pour Florence Rey, chanson dans laquelle il prend sa défense et demande l’indulgence pour une erreur de jeunesse. De même, Alain Souchon dans « 8 m2 » parle du quotidien d’une détenue qui a « foutu sa vie en l’air », parce qu’elle a voulu suivre son amant[97].

Documentaires

  • DVD 17 JUIN MEDIA : « Florence Rey, Audry Maupin : Tueurs nés ? » Un document de Marie-Sophie Tellier - Faites entrer l’accusé - Série proposée par Christian Gerin,
    présentée par Christophe Hondelatte, produite par 17 juin Média, réalisée par Bernard Faroux, rédacteur en chef : Christian Huleu. Décembre 2003.

Sources

  • Henri Haget : « Le cas Florence Rey », L'Express, du 10 septembre 1998.
  • Jean-Michel Dumay : « Audry Maupin et son impatience à exister en opposition à la société », Le Monde, du 25 septembre 1998, p. 11.
  • Jean-Michel Dumay : « L’autre visage de Florence Rey », Le Monde, du 18 septembre 1998.
  • Jean-Michel Dumay : « Florence Rey en jeune fille timide placée sous l’emprise de son premier amour », Le Monde, du 26 septembre 1998, p. 10.
  • Jean-Michel Dumay : « Au procès de Florence Rey, les jurés vont devoir juger une parenthèse meurtrière de 25 minutes », Le Monde, du 29 septembre 1998, p. 20.
  • Jean-Michel Dumay : « La folle cavale de Florence Rey », dans Le Monde. Les grands procès 1944-2010, Paris, Les Arènes, décembre 2009, p. 402-405.
  • Patricia Tourancheau et Michel Henry : « La nuit sanglante de Florence Rey », Libération, du 6 octobre 1994.
  • Patricia Tourancheau : « Au bout de sa peine », Libération, du 26 juin 2009.
  • Patricia Tourancheau : « Florence Rey, les regrets d’une dérive meurtrière », Libération, du 20 septembre 1996.
  • Patricia Tourancheau : « Florence Rey à mots découverts », Libération, du 29 décembre 1997.
  • Christophe Deleu : « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », Esprit, octobre 1998, p. 133-155.
  • Isabelle Monin : « Une jeune fille sous influence », Le Nouvel Observateur, du 1er octobre 1998.
  • Isabelle Monin : « Notre fils ce meurtrier », Le Nouvel Observateur, du 8 octobre 1998.
  • Christophe Hondelatte : « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », dans l’émission : Faites entrer l’accusé, documentaire télévisé de Marie-Sophie Tellier, du 14 décembre 2003.
  • Jacques Pradel, « L’affaire Florence Rey et Audry Maupin », Café crime, émission diffusée le 6 juillet 2009 sur Europe 1 avec comme invitées, Patricia Tourancheau et Olivia Cligman.

Bibliographie

  • Frédéric Couderc, Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey, éditions Raymond Castells, octobre 1998. (ISBN 978-2-912587-22-0)
  • Jacky Bensimon, en collaboration avec Marie-Christine Daunis, L’Otage, La tuerie de la Nation, éditions Cheminements, octobre 2003. (ISBN 978-2-84478-216-8)
  • Jean-Roger Bourrec, Florence Rey, éditions Flammarion, 1995. (ISBN 978-2-08-067162-2)
  • Cathy Capvert, L'Affaire Florence Rey, éditions Actes Sud, août 1998. (ISBN 978-2-914645-26-3)
  • Chantal Montellier, Les Damnés de Nanterre, éditions Denoël, janvier 2005. (ISBN 978-2-207-25629-9)
  • Jean-Michel Dumay : « La folle cavale de Florence Rey ». Le Monde, Les grands procès 1944-2010, pages 402 à 405. Éditions Les Arènes, décembre 2009. (ISBN 978-2-35204-099-6)
  • Christophe Hondelatte : « L’odyssée sanglante de Florence Rey et d’Audry Maupin ». Les grandes histoires criminelles, pages 160 à 163.
    Éditions Hors Collection, octobre 2008. (ISBN 978-2-258-07627-3)

Articles connexes

Notes et références

  1. Sur l'impact médiatique exercé par cette photographie, voyez les études de :
    Sylvie Châles-Courtine, enseignant-chercheur au Centre interdisciplinaire de recherches appliquées au champ pénitentiaire (ENAP) : « La place du corps dans la médiatisation des affaires criminelles », dans Cairn. Société et représentation, 2004/2 - no 18, p. 171-190.
    Christophe Deleu : « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », dans Esprit, octobre 1998, p. 133-155.
  2. Extrait. Le journaliste Frédéric Couderc évoque cette citation au moment de l'occupation par Florence Rey et Audry Maupin, du squat au no 1 rue Becquet à Nanterre.
    Frédéric Couderc : « Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey ». Citation de Florence Rey : texte intégral, p. 88. Entête de chapitre, p. 141 : « Que devient le rêve, quand le rêve est fini ? ». Éditions Raymond Castells, octobre 1998.
    Patricia Tourancheau en précise le contexte : « La nuit, d'après une lettre à un ami, elle regarde en face la prison de Nanterre, illuminée, qui lui « rappelle concrètement la réalité de ce monde ». Elle s'attriste sur son sort. « Je n'ai pas d'histoire. Je retourne à la chaleur de ma cellule et je pense à un refrain à 2 francs : que devient le rêve quand le rêve est fini ? », écrit-elle quelques jours avant la folle équipée ».
    Patricia Tourancheau : « Florence Rey à mots découverts. En 1994, le hold-up raté du couple Maupin-Rey se concluait par cinq morts. Aux experts judiciaires, l'ex-adolescente s'est confiée sur sa vie et sa passion pour son compagnon, tué dans la fusillade », journal Libération, article du 29 décembre 1997.
    Chantal Montellier : « Les damnés de Nanterre », p. 5 : citation de Florence Rey. Éditions Denoël, janvier 2005.
    Lire également le document de Jean Roger Bourrec dans le magazine VSD du 26 octobre 1995.
  3. Patricia Tourancheau : « Le casse raté du couple Rey-Maupin », journal Libération, du 13 octobre 1995.
  4. Frédéric Couderc : « Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey » - p. 11. Éditions Raymond Castells, octobre 1998.
    Comme précédent plus récent, les journalistes évoquent la fusillade de l'avenue Trudaine où deux policiers avaient été abattus par le groupe armé Action Directe en 1983.
  5. Christophe Hondelatte : entretien avec Audrey Goutard, ancienne journaliste au Parisien, dans l'émission Faites entrer l’accusé, « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, le 14 décembre 2003.
  6. Journal Libération : « La police a rendu hommage aux trois policiers tués mardi », du samedi 8 et dimanche 9 octobre 1994, p. 18.
  7. Journal Le Monde : « Les réactions à l'équipée sanglante de Florence Rey et Audry Maupin  », du 7 octobre 1994.
  8. Propos tenus sur France Inter, le 5 octobre 1994 et rapportés par Christophe Deleu, op. cit., p. 153.
  9. Journal Le Monde : « Deux cents personnes ont manifesté à Paris pour le rétablissement de la peine de mort », du mardi 11 octobre 1994, p. 11.
  10. Extrait du discours cité par Christophe Deleu, op. cit., p. 151.
  11. Éditorial de France Soir, cité dans Le Monde du 7 octobre 1994.
  12. Éditorial du Figaro, du 5 octobre 1994.
  13. François Caviglioli : « Florence Rey, égérie publique n°1 », dans Le Nouvel Observateur, du 29 janvier 1998.
  14. Christophe Hondelatte : entretien avec Patricia Tourancheau, journaliste à Libération dans l’émission Faites entrer l’accusé, « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, le 14 décembre 2003.
  15. Faites entrer l’accusé : « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, décembre 2003.
  16. Christophe Deleu : « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », dans Esprit, octobre 1998, p. 133.
  17. Cet élément est aujourd’hui certain, comme le confirme Patricia Tourancheau dans Café crime, « L’affaire Florence Rey et Audry Maupin ».
  18. Christophe Hondelatte : « L’odyssée sanglante de Florence Rey et d’Audry Maupin ». Les grandes histoires criminelles, p. 160-163. Éditions Hors Collection, octobre 2008.
  19. Journal Le Monde : « Fusillade de Vincennes : Florence Rey désigne un troisième homme ». Le Monde, article du 16 février 1996.
    Cathy Capvert : « Affaire Rey-Maupin : le troisième homme implique un responsable de la légion », L’Humanité, du 28 mai 1996.
    Elisabeth Fleury : « De Toumi à Dekhar : sur la piste du troisième homme », L’Humanité du 24 septembre 1998.
  20. Patricia Tourancheau : « Florence Rey, les regrets d’une dérive meurtrière», journal Libération, du 20 septembre 1996.
  21. Frédéric Couderc : « Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey », p. 129-130 et p. 154. Éditions Raymond Castells, octobre 1998.
  22. a et b Frédéric Couderc : « Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey ». Acte d’accusation : p. 169. Éditions Raymond Castells, octobre 1998.
  23. a et b Jean-Michel Dumay : Florence Rey, en larmes, aurait aimé « que ça n’arrive pas » - journal Le Monde du 19 septembre 1998.
  24. Sources :
    Élisabeth Fleury : « Elle savait se servir d’une arme  », dans L’Humanité, du 22 septembre 1998.
    Pierre Bois : « La froide détermination de deux tueurs aux abois. Hier, le docteur Monnier, témoin de la fusillade, a décrit le sang-froid de l’accusée rechargeant son arme », dans Le Figaro du 22 septembre 1998.
    Pierre bois : « L'otage traumatisé du couple Rey-Maupin », dans Le Figaro du 23 septembre 1998.
    Jean-Michel Dumay : « Le cauchemar de la fusillade de la Nation », dans le journal Le Monde du 20 septembre 1998.
    Jean-Michel Dumay : « Plusieurs témoins accusent Florence Rey d’avoir tiré lors de la fusillade du bois de Vincennes », dans le journal Le Monde du 23 septembre 1998.
    Patricia Tourancheau : « Y avait pas à discuter ils étaient armés ». Des témoins ont reconstitué le film du braquage, dans Libération du 19 septembre 1998.
    Patricia Tourancheau : « La fille m'a pointé son arme entre les sièges ». Des témoins ont défilé pour accuser Florence Rey, dans Libération du 22 septembre 1998.
    Joelle Meskens : « Au procès de Florence Rey devant les assises de Paris, l’otage raconte sa nuit d'horreur », dans Le Soir du 22 septembre 1998
  25. Élisabeth Fleury : « Je ne savais plus quoi espérer pour que ça s’arrête », dans L’Humanité du 23 septembre 1998.
  26. Patricia Tourancheau : « J’ai tiré pour protéger Audry », dans Libération du 23 septembre 1998.
  27. a et b Jean-Michel Dumay : « Florence Rey peine à expliquer les raisons de son équipée meurtrière avec Audry Maupin » - journal Le Monde du 24 septembre 1998.
  28. Patricia Tourancheau : « Si elle a raté sa cible, c’est qu’elle a été maladroite » - journal Libération du 29 septembre 1998.
    Lire également l’article de Jean-Michel Dumay : « Florence Rey peine à expliquer les raisons de son équipée meurtrière avec Audry Maupin » - journal Le Monde du 24 septembre 1998.
  29. Jean-Michel Dumay : « Les parties civiles n’accordent aucune circonstance à Florence Rey ». Journal Le Monde, du 30 septembre 1998.
  30. Jean-Michel Dumay : Le « cauchemar » de la fusillade de la Place de la Nation, dans Le Monde du mardi 22 septembre 1998.
  31. Élisabeth Fleury dans L'Humanité et Isabelle Monin dans le Nouvel Observateur, rapportent que le président lassé, finit fréquemment par dire à l’accusée de se rasseoir.
  32. Jean-Michel Dumay : Les experts psychiatres considèrent l’équipée meurtrière comme un « accident » dans la vie de Florence Rey, dans Le Monde, du lundi 28 septembre 1998.
    Pierre Bois : La face cachée de Florence Rey, dans Le Figaro, du 26 septembre 1998.
    Patricia Tourancheau : « Complexe, fragile, atypique » Florence, dans Libération, du 26 septembre 1998.
    Elisabeth Fleury : Florence Rey : la folie des siens, dans L'Humanité, du 26 septembre 1998
  33. Sylvie Caster : « Le silence sidéré de Florence Rey », Magazine Marianne, du lundi 5 octobre 1998.
  34. Jean-Michel Dumay : « Dans le box des accusés, Abdelkakim Dekhar nie être le troisième homme », le Monde, du 19 septembre 1998.
  35. Jean-Michel Dumay : « Audry Maupin et son impatience à exister en opposition à la société », le Monde, du 25 septembre 1998.
  36. Magazine Marianne : « Ou comment se libérer de la famille ! », du lundi 5 octobre 1999.
  37. Joelle Meskens : « Les familles du couple sanglant témoignent aux assises de Paris. Le mystère se lève sur Florence Rey », dans Le Soir p. 17, du vendredi 25 septembre 1998.
  38. Pierre Bois : « Les témoins à la rescousse de Florence Rey », dans Le Figaro, du 25 septembre 1998
  39. Sources :
    Isabelle Monin : Notre fils ce meurtrier, dans Le Nouvel Observateur, du 8 octobre 1998.
    Jean-Michel Dumay : Florence Rey en jeune fille « timide » placée « sous l’emprise de son premier amour » dans Le Monde, du 26 septembre 1998.
    Jean-Michel Dumay : Audry Maupin et son « impatience à exister en opposition à la société », dans Le Monde, du 25 septembre 1998.
    Patricia Tourancheau : Personne n’aurait pu arrêter Audry. Les parents Maupin sont venus hier raconter leur fils mort ce soir-là dans Libération, du 25 septembre 1998.
    Élisabeth Fleury : Audry allait toujours jusqu’au bout dans L’Humanité du 25 septembre 1998.
    Pierre Bois : Les témoins à la rescousse de Florence Rey dans Le Figaro, du 25 septembre 1998.
    Joelle Meskens : Les familles du couple sanglant témoignent aux assises de Paris. Le mystère se lève sur Florence Rey dans Le Soir, du vendredi 25 septembre 1998.
    Christophe Hondelatte : Faites entrer l’accusé, « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire télévisé de Marie-Sophie Tellier du 14 décembre 2003.
    Jacques Pradel : « L’affaire Florence Rey et Audry Maupin », Café crime, émission diffusée le 6 juillet 2009 sur Europe 1, avec comme invitées : Patricia Tourancheau et Olivia Cligman.
  40. Patricia Tourancheau : Un père, une mère, une sœur et « l’image d’Audry, les armes à la main ». Après le procès de la fusillade Nation-Vincennes, la famille d’Audry Maupin raconte un garçon dont elle ne comprend pas les actes, dans Libération, du 14 octobre 1998
  41. Jean-Michel Dumay : « Florence Rey en jeune fille timide, placée sous l’emprise de son premier amour » - journal Le Monde du 26 septembre 1998.
  42. Sources :
    Pierre Bois : Florence Rey portrait à charge. Les avocats des parties civiles ont mis à mal son personnage de jeune fille effacée derrière son compagnon Audry Maupin, dans Le Figaro, du 29 septembre 1998.
    Jean-Michel Dumay : Les parties civiles n’accordent aucune circonstance atténuante à Florence Rey, dans Le Monde, du 30 septembre 1998.
    Patricia Tourancheau : « Si elle a raté sa cible, c’est qu’elle a été maladroite ». Les parties civiles ont plaidé la totale responsabilité de Florence Rey, dans Libération, du 29 septembre 1998.
    Élisabeth Fleury : Florence rey dans sa version pousse-au-crime, dans L'Humanité, du 29 septembre 1998.
  43. a, b et c Jean-Michel Dumay : « Les parties civiles n’accordent aucune circonstance atténuante à Florence Rey » - journal Le Monde du 30 septembre 1998.
  44. Pierre Bois : Florence Rey portrait à charge. Les avocats des parties civiles ont mis à mal son personnage de jeune fille effacée derrière son compagnon Audry Maupin, dans Le Figaro, du 29 septembre 1998
  45. Élisabeth Fleury : Florence rey dans sa version pousse-au-crime, dans L'Humanité, du 29 septembre 1998.
  46. Sources :
    Jean-Michel Dumay : L’avocate générale a requis trente ans de réclusion contre Florence Rey dans Le Monde, du jeudi 1er octobre 1998.
    Pierre Bois : Florence Rey ne pleure que sur elle-même, l’avocate générale n’a demandé ni perpétuité ni peine de sûreté contre la compagne d’Audry Maupin dans Le Figaro, du mercredi 30 septembre 1998.
    Élisabeth Fleury : Trente ans de réclusion requis contre Florence Rey dans L’Humanité, du 30 septembre 1998.
    Joelle Meskens : Après les ultimes plaidoiries, verdict ce mercredi soir aux assises de Paris. Trente ans requis contre Florence Rey. Le procureur dénonce des faits gravissimes et des circonstances aggravantes. Mais vu la personnalité de l’accusée, elle ne requiert pas la perpétuité dans Le Soir, du 30 septembre 1998.
    Patricia Tourancheau : Florence Rey n’a pas de circonstances atténuantes dans Libération, du 30 septembre 1998.
  47. a, b, c et d Jean-Michel Dumay : L’avocate générale a requis trente ans de réclusion contre Florence Rey, dans Le Monde, du jeudi 1er octobre 1998.
  48. Max Clos : Florence Rey, une victime ! dans le bloc-notes de la semaine dans Le Figaro, du 2 octobre 1998
  49. a et b Pierre Bois : Rey Florence ne pleure que sur elle-même, l’avocat général n’a demandé ni perpétuité ni peine de sûreté contre la compagne d’Audry Maupin dans Le Figaro, du mercredi 30 septembre 1998
  50. Patricia Tourancheau : Florence Rey n’a pas de circonstances atténuantes dans Libération, du 30 septembre 1998
  51. Sources :
    Patricia Tourancheau : Florence Rey condamnée à 20 ans de réclusion dans Libération du 1er octobre 1998.
    Pierre Bois : Les regrets éloquents de Maître Henri Leclerc dans Le Figaro, du 1er octobre 1998.
    Joelle Meskens : À Paris, les jurés ont rendu leur verdict Florence Rey condamnée à 20 ans de réclusion dans Le Soir du 1er octobre 1998.
    Jean-Michel Dumay : La cour d’assises de Paris condamne Florence Rey à vingt ans de réclusion criminelle dans Le Monde du 2 octobre 1998.
  52. Jean-Michel Dumay : « La Cour d’assises de Paris condamne Florence Rey à vingt ans de réclusion criminelle » - journal Le Monde du 2 octobre 1998.
  53. Patricia Tourancheau : « Le procès de la fusillade Nation-Vincennes. Florence Rey condamnée à vingt ans de réclusion. Elle a été reconnue coupable de complicité de meurtres ». Journal Libération du 1er octobre 1998.
  54. a, b, c et d Journal Ouest France : « Florence Rey est sortie de prison », du 26 juin 2009.
  55. a et b Frédéric Couderc : « Bac+2+crimes, l’affaire Florence Rey », p. 160. Éditions Raymond Castells, octobre 1998.
  56. Christophe Hondelatte : entretien avec Bernard Maupin dans l’émission « Faites entrer l’accusé. Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, le 14 décembre 2003.
  57. a et b Patricia Tourancheau : « Florence Rey, quatre ans après ce soir-là », journal Libération, du 17 septembre 1998. http://www.liberation.fr/societe/0101255194-florence-rey-quatre-ans-apres-ce-soir-la-le-proces-de-la-fusillade-de-nation-vincennes-s-ouvre-aujourd-hui .
  58. Prisons de femmes en Europe : Rapport d'observation sur les conditions de détention (France) - http://prisons.de.femmes.free.fr/france.html .
    Journal Le Monde : « Prisons - Florence Rey a été blessée lors d’une bagarre, dimanche 14 février, dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis », Le Monde, du 19 février 1999.
    Magazine Marianne : « Pugilat : Florence Rey victime de l’anarchisme carcéral », du lundi 22 février 1999.
    Gérard Guégan : « Bars, cafés et autres lieux communs... », dans La Nouvelle Revue française, no 551, p. 146, septembre 1999.
  59. Journal Libération : « Florence Rey renonce à la cassation », du 16 avril 1999.
  60. Patricia Tourancheau : entretien avec Chantal Maupin dans le journal Libération, « Portrait : l’enfant mort et meurtrier », le 6 août 2007. http://www.liberation.fr/portrait/0101108542-l-enfant-mort-et-meurtrier.
  61. Thomas Flamerion : entretien avec Marie-Rose Guarniéri « 10 ans du prix Wepler Fondation La Poste », dans evene.fr, novembre 2007.
    http://www.evene.fr/livres/actualite/prix-wepler-fondation-la-poste-10-ans-1044.php .
  62. C’est sous cet angle que TF1 aborde l’affaire après l’annonce de la libération de Florence Rey dans un reportage de l’émission sept à huit
  63. Patricia Tourancheau, journaliste à Libération, raconte dans Café crime et dans l'émission Faites entrer l'accusé, qu’à la veille du procès, elle souhaitait écrire un article sur les quatre premières années de la détention de Florence Rey. Celle-ci, contactée par l’intermédiaire de ses avocats, lui a opposé une fin de non recevoir.
  64. Cette question est centrale dans les grands quotidiens nationaux à la veille du procès, soit déjà quatre ans après les faits. L’évolution supposée de la détenue apparaît comme un élément important pour la juger.
    A ce propos, lire : Patricia Tourancheau : Florence Rey, quatre ans après ce soir-là, dans Libération page 16, du 17 septembre 1998.
    Jean-Michel Dumay : L'autre visage de Florence Rey, dans Le Monde, du 17 septembre 1998.
    Pierre Bois : Les maigres confessions d'une semeuse de mort, dans Le Figaro page 34, du jeudi 17 septembre 1998.
  65. Journal Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/06/25/01016-20090625ARTFIG00501-florence-rey-est-sortie-de-prison-.php .
    Journal Libération : http://www.liberation.fr/societe/0101576183-florence-rey-a-ete-liberee.
  66. Cf. La discussion sur le site de Maître Eolas : http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/06/26/1459-en-effleurant-ce-rai-de-lumiere-dune-porte-entrebaillee .
  67. Le syndicat de police Alliance : http://podcast.alliancepn.fr/index.php/2009/06/25/123-liberation-de-florence-rey.
    Synergie et la CFTC Police ont eux aussi fait part de leur indignation. Le communiqué de presse de la CFTC est consultable sur leur site : http://cftcpolice.fr/tracts/25f.rey.pdf
  68. Cette intervention de la ministre de la justice s'est faite lors de sa visite au palais de justice de Paris, le 25 juin 2009 : http://www.ina.fr/video/VDD09020238/premiere-visite-de-mam-au-palais-de-justice-de-paris.fr.html
  69. a et b Florence Rey libérée après quinze ans de prison - journal Le Parisien, du 26 juin 2009.
  70. Journal Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/17/01016-20091117ARTFIG00300-les-remises-de-peine-automatiques-en-question-.php .
  71. David foenkinos : « Les cœurs autonomes ». Collection : « Ceci n’est pas un fait divers ». Éditions Grasset et Fasquelle, 2006. ISBN 978-2-246-69481-6 .
  72. Chantal Montellier : « Les damnés de Nanterre ». Collection Denoel Graphic. Éditions Denoel, 2005. ISBN 978-2-207-25629-9
  73. Patrick Besson : « Sonnet pour Florence Rey et autres textes ». Collection La Fronde. Éditions L’Âge d’Homme, avril 1996, ISBN 978-2-8251-0724-9 .
  74. Jean-Paul Bourre : « Sexe, Sang et Rock’n'Roll », Éditions Camion noir, 2009.
  75. Gwenaëlle Aubry : « Ceci n’est pas de la littérature », dans Le Monde des livres, p. 2 du 23 juin 2006.
  76. Gwennaëlle Aubry : « L’isolée ». Éditions Stock, 2002. ISBN 978-2-234-05510-0
  77. Gwenaëlle Aubry : « L’isolement ». Éditions Stock, 2003. ISBN 978-2-234-05597-1
  78. Gérard Lambert : « D’eau et de braise », Forcalquier. Éditions Hb, 1998.
  79. Gérard Lambert : « Comme un jeu d’enfants » Éditions Gunten, 2009. ISBN 978-2-914211-76-5 .
  80. Mano : « Un monde parfait ». Éditions Léo Scheer, 2009. ISBN 978-2-7561-0155-2 .
  81. Jacky Bensimon et Marie-Christine Daunis : « L’otage. La tuerie de la Nation». Éditions Cheminements, octobre 2003. ISBN 978-2-84478-216-8 .
  82. Patrick Henri Burgaud : « Florence Rey, DOC(K)S, What’s your war série3 25/26/27/28 », 2001.
  83. Lionel Bourg : « Matière du Temps ». Éditions Cadex, 1996. ISBN 978-2-905910-68-4
  84. Jean-Roger Bourrec : « Florence Rey », Éditions Flammarion, 1995. ISBN 978-2-08-067162-2 .
  85. Jean-luc Douin : « Vous m’aviez menti ». Article sur Gérard Guégan. Journal Le Monde, du 7 novembre 1997.
  86. Ludovic Longelin : « Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment » dans Confluences - http://confluences.jimdo.com/archives/la-genre-humaine/lectures/ .
  87. Isabelle Demeyere : entretien avec Anne Caillère en juin 2007, sur la pièce « Clara 69 » de Gildas Milin, jouée au Théâtre du Nord - http://www.theatredunord.fr/Public/sdv_article.php?SDV=1788&ID;=1791
  88. Éric Rouquette, auteur dramatique : « Une nuit au poste ». Éditions : L’œil du prince, 2006. http://www.lebilletdesauteursdetheatre.com/index.php?auteur2&id;=1 .
  89. a et b Philippe Azoury : « La vie dans un virage ». Belle rédemption montagnarde d’une ex-détenue, disséquée sur la route par Alain Raoust et son actrice, Caroline Ducey dans « La Cage ». Journal Libération, du 4 septembre 2002. http://next.liberation.fr/cinema/0101423705-la-vie-dans-un-virage .
  90. Christophe Deleu, documentariste à France Culture, Maître de conférence au centre universitaire d’Enseignement du journalisme, Université Robert Schuman de Strasbourg. Son analyse « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », a été sélectionnée aux États Généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche), en 2000.
  91. « La Cérémonie  », film de Claude Chabrol. Se reporter au document PDF : http://www.acreamp.net/fichiers/mp/PDF/notesceremonie.pdf . Commentaire et analyse de Cédric Anger, compte-rendu d’Anne Gollac, le mercredi 21 octobre 2009.
  92. Frédéric Bouglé, directeur du centre d’art contemporain, Le Creux de l'enfer : « Des lumières pour des espaces d’artifices ». Entretien avec Claude Lévêque, janvier 1999 - http://www.claudeleveque.com/ecrit.php?ecrit_id=7&PHPSESSID;=9c30b3edc941ad96975d6a4463ed23ba
  93. Patricia Tourancheau : « Au bout de sa peine », dans Libération, du 26 juin 2009. http://www.liberation.fr/societe/0101576289-au-bout-de-sa-peine .
  94. http://www.concertandco.com/critique-concert.php?id=11521&s;=bourges%202005 .
  95. Bayon : « L'art de fixer l'éclat d'innocence » dans Libération du 7 mars 2008. http://www.liberation.fr/culture/010175891-l-art-de-fixer-l-eclat-d-innocence.
  96. The Kills : « le punk est en nous », Alison Mosshart et Jamie Hince répondent aux questions de Libération : leur rapport à la scène, leur inspiration, Florence Rey et leur séparation, dans Next libération du 4 avril 2011.
  97. Alain Souchon a dit dans une interview au Parisien que la chanson faisait allusion à Florence Rey : http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/alain-souchon-j-ai-ete-bouscule-dans-ma-vie-01-12-2008-327639.php

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