Actions sur le document

Roger Bontems

- Wikipedia, 4/10/2011

Roger Bontems (né le 20 septembre 1936 à Aydoilles, dans les Vosges et guillotiné à Paris le 28 novembre 1972) est connu pour avoir été un criminel français.

Biographie

Après avoir fait la guerre d'Algérie, il devient moniteur parachutiste au sein de l’armée. Avec quelques économies, il s'achète une moto mais a un accident qui déterminera la suite de sa vie : diverses fractures et déplacement des vertèbres cervicales. Il est alors réformé. Ce père de famille deviendra plombier dans le Doubs.

C’est à la suite d'un énième visite médicale, qu’il rate le car du retour et commet son premier larcin : ayant un peu forcé sur l'alcool, il décide de voler la voiture d'un homme garé à Épinal. Mais il se fait prendre et en juin 1960, le jugement du tribunal correctionnel le condamnera à 18 mois de prison.

Trois autres condamnations pour divers méfaits suivront dans les années 1960.

Rempli de rancœur et d'amertume, déboussolé et ne trouvant pas de travail, il récidive quelque temps plus tard : il prend un taxi, le fait stopper, éjecte le chauffeur M. Grégoire, qui est grièvement blessé dans l’agression, repart, braque un bistrot pour tenter d’obtenir le contenu de la caisse avec un revolver factice. Mais Bontems se fait prendre comme un débutant et en 1965, la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle le condamne cette fois à vingt ans de réclusion pour vol qualifié et agression.

Le 21 septembre 1971, Bontems purge sa peine à la centrale de Clairvaux (Aube) lorsqu'il commet, avec son compagnon de cellule Claude Buffet, une prise d'otage à l'infirmerie de la prison. Après l'assaut des forces de l'ordre le lendemain, on découvre dans un coin de la salle les corps égorgés des deux otages, l'infirmière Nicole Comte, mère de deux enfants, et le gardien Guy Girardot.

Le procès se tient aux assises de l'Aube du 26 au 29 juin 1972. Bontems est défendu par Robert Badinter et Philippe Lemaire. La Cour juge que, bien que n'étant pas le meurtrier, il en est le complice, sans circonstances atténuantes (il aurait tenu les victimes pendant que Buffet les égorgeait[1]). Les deux hommes que la presse a, dès avant le procès, appelé les « assassins de Clairvaux », sont condamnés à la peine de mort.

Contrairement à Buffet, qui souhaitait être exécuté, Bontems signe un pourvoi en cassation[2], qui est rejeté à la fin de l'été.

Le 27 novembre au soir, les avocats des condamnés sont informés par un coup de téléphone de l'Élysée que le Président Georges Pompidou a refusé la grâce : l'exécution aura donc lieu le lendemain matin.

Le 28 novembre, vers 4 heures 30, à la prison de la Santé, Buffet et Bontems sont réveillés et conduits au greffe pour l'ultime toilette. Bontems est guillotiné par le bourreau André Obrecht à 5 heures 13, et Buffet sept minutes plus tard.

Cette exécution est la dernière à avoir eu lieu à Paris. Après Buffet et Bontems, seuls quatre condamnés furent guillotinés en France.

Révolté par cette exécution d'un homme qui n'avait pas tué, Robert Badinter décrira le procès et ses suites dans son livre L'Exécution (1973). Il poursuivra dès lors avec opiniâtreté son combat contre la peine de mort, qui sera abolie lorsqu'il sera ministre de la Justice en 1981.

Notes et références

  1. André Obrecht et Jean Ker, Le Carnet Noir du Bourreau, p. 263
  2. Pourvoi en cassation de Bontems sur Légifrance.

Bibliographie

Précédé par Roger Bontems Suivi par
Jean-Laurent Olivier
Condamné à mort exécuté en France
Claude Buffet

Retrouvez l'article original ici...

Vous pouvez aussi voir...