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Le chômage monte, les présidents mentent !

Justice au Singulier - philippe.bilger, 2/06/2015

Le chômage monte, les présidents mentent mais on n'a jamais autant parlé de République à droite comme à gauche.

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Nicolas Sarkozy, il y a des années, s'était engagé, si le chômage dépassait 5%, à ne pas se représenter parce qu'il aurait échoué.

On a vu ce qu'il en était en 2012.

François Hollande, la main sur le coeur et la tromperie dans l'esprit, a déclaré au moins à trois reprises qu'il ne serait pas candidat en 2017 si le chômage continuait à progresser.

Celui-ci n'a jamais été plus haut, plus dévastateur pour le tissu social et le président de la République a commencé, pourtant, à Carcassonne, il y a quelques semaines, de l'avis, de l'aveu de tous les observateurs, dont Nicolas Sarkozy qui s'y connaît, sa campagne présidentielle (Le Figaro).

Ce serait risible, ridicule s'il ne s'agissait pas de la crédibilité de la parole publique, déjà si largement battue en brèche.

Sur ce plan, la promesse formelle de s'effacer, alors qu'on ne pense qu'à revenir, l'apparente modestie qui prendrait acte d'un désaveu par le réel, alors qu'on n'a pour obsession que de conquérir à nouveau, à toute force et à pleine ruse, deviennent une pure convention politique, un poncif, tant chaque président s'engage à nous quitter quand dans son for intérieur il ne brûle que d'obtenir encore nos suffrages.

Cette comédie, aussi systématique qu'elle soit, constitue la gravité du pouvoir, la charge de l'Etat non plus comme un honneur, une responsabilité à assumer mais pour un jeu puisque celui qui fait le serment sait qu'il le violera. Il nous trompe et il nous manipule.

Le comble est que certains médias font semblant de prendre au sérieux ces accès de fausse sincérité.

Je rêverais d'une campagne présidentielle où les adversaires se contenteraient d'opposer au candidat cyniquement oublieux les chiffres du chômage et donc de lui rappeler qu'il s'était lui-même condamné.

Le chômage monte, les présidents mentent mais on n'a jamais autant parlé de République à droite comme à gauche.


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