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Jean Beneyton

- Wikipedia, 20/01/2012

Jean Beneyton (né le 28 février 1930 à Saint-Étienne) est un bandit français. Très connu dans le milieu sous les noms de Gros But et de Jeannot 3 Doigts, il est notamment connu pour avoir été l’un des membres éminent du Gang des Lyonnais, pour avoir orchestré le 20 juillet 1975, la mutinerie de la prison de Nîmes et pour sa participation à l’assassinat de Charles Palinski.

Sommaire

Actualité

Avec Jeannot Trois Doigts, l’empreinte d’un bandit, livre publié en ce début d’année et dans lequel il parle pour la première fois de son passé agité, Jean Beneyton semblait vouloir tourner la page. En racontant avec honnêteté et humour, une enfance tumultueuse, l’armée, les braquages, les règlements de compte, la prison, les QHS, les mutineries, l’assassinat de Charles Palinski, mais aussi la vie quotidienne en prison et ses tentatives de réinsertion, il donnait l’impression d’en avoir fi ni avec tout cela. Pourtant, encore une fois, sans doute la dernière, Jeannot Trois Doigts, comme on l’appelle dans le milieu, a replongé. À 78 ans, il est à nouveau incarcéré depuis le mois de novembre. Son erreur : avoir, pour la première fois de sa vie, servi de mule à des trafiquants de drogue dans le seul but de s’assurer une fin de vie décente. Une dernière qu’il paye au prix fort ! Lui qui, de lui-même, confiait ne plus avoir sa place dans le milieu, se l’est vu signifier de la manière la plus violente qui soit par l’un de ses codétenus. Malgré la surveillance de l’administration pénitentiaire et ses amitiés dans le milieu, Jeannot vient d’être poignardé dans la prison toute neuve de Toulon. Après plus de 30 ans passés en cellule, a-t-il fait l’objet cette fois-ci « d’une mise à l’amende », a-t-il trop parlé dans le livre qui lui est consacré et certaines de ses vielles relations veulent-elles qu’il se taise ? C’est une péripétie de plus dans la vie troublée de cet ex-bandit dont le seul but est aujourd’hui de passer ses vieux jours auprès de sa famille.

Le Livre

La Démarche

À 78 ans, Jeannot Trois Doigts vient d’être à nouveau incarcéré. Avant de se retrouver une fois de plus en cellule, il a tenu à laisser le témoignage d’une vie insoumise et marginale. Ce personnage digne d’un film de Melville est sans doute l’un des derniers représentants du grand banditisme « classique ». Un des derniers survivants de la voyoucratie d’après-guerre, celle qui a fait rêver tant de monde, à commencer par les romanciers et les cinéastes. Pourtant le monde qu’a côtoyé Jean Beneyton pendant plus de 60 ans n’a rien d’une belle histoire, mais c’est celle-là qu’il a choisie aujourd’hui de raconter. Dans ce livre de confidences destinées en premier lieu à sa famille et à ses anciens amis, il raconte tout de son passé à Eric Garnier. Les braquages, le racket, les règlements de compte, la prison, ... Il ne cache rien. Pour la première fois de sa vie, il parle. Il raconte une histoire pas comme les autres. Un document parfois dérangeant, mais très humain.

VIENT DE PARAITRE: Jeannot Trois Doigts, le livre:http://www.3doigts.com

Le pitch

Le gang des Lyonnais, l’affaire Palinski, le gang des coffres forts, et ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres, Jean Beneyton aura été de tous les coups. Connu dans le « milieu » sous le nom de Jeannot Trois Doigts depuis qu’il s’est fait arracher les deux autres en cherchant à protéger le dangereux Nonoeil, son ami, il est aujourd’hui l’un des derniers représentants du grand banditisme. Un des derniers survivants de la voyoucratie d’après guerre, celle qui a fait rêver tant de monde, à commencer par les romanciers et les cinéastes. Pourtant le monde qu’a côtoyé Jean Beneyton pendant plus de 60 ans n’a rien d’une belle histoire, mais c’est celle-là qu’il a choisi aujourd’hui de raconter. Dans un livre paru aux Éditions Darnetalaises, il raconte tout de son passé à Eric Garnier. Les braquages, le racket les règlements de compte, la prison, et l’assassinat de Charles Palinski, il ne cache rien. Pour la première fois de sa vie, il se met à table et balance tout.

L'interview

Pourquoi avez-vous ressenti le besoin d'écrire ce livre témoignage ?

À vrai dire, l’idée ne vient pas de moi, mais de mon petit-fils Stéphane. Comme vous pouvez l’imaginer, ça ne doit pas être très facile d’avoir un grand-père comme moi. J’ai passé plus de trente ans derrière les barreaux, et les affaires qui m’y ont amenées ont souvent défrayé la chronique ; et soit dit en passant, vos collègues journalistes ont raconté beaucoup de bêtises sur moi. Aussi comme vous pouvez l’imaginer, ma femme, ma fille et bien sûr mes petits enfants ont eu à en subir les conséquences. Non seulement les flics et les juges n’ont pas été tendres avec eux, mais surtout leurs vies sociales ont été maintes fois bouleversées. Imaginez quelle peut être la vie d’un écolier dont le grand-père, bandit de son état, fait la une des journaux ou en tous cas les beaux jours de la rubrique judiciaire. Toutes leurs vies, ils n’ont eu d’autres choix que de se justifier où de cacher la vérité quand cela était possible et je comprends que cela n’a pas du être ni drôle, ni facile tous les jours. Aussi je crois qu’en me demandant d’accepter cette biographie, Stéphane voulait que la vérité soit enfin révélée et assumée. Alors je me suis laissé convaincre. J’ai fini par comprendre que me mettre enfin à table était certainement une bonne idée et pour eux et pour moi. J’ai certes été un voyou, et certainement je le serai toujours, mais je faisais partie d’un monde qui n’existe plus, j’étais un membre de la grande voyoucratie, et pour rien au monde je ne voudrais que mes arrières petits enfants en découvrant cela plus tard me confondent avec l’un de ces petits malfrats sans foi ni lois que l’on croise aujourd’hui.

Justement on parle souvent du code d'honneur des bandits. Existe-t-il ou est-ce une invention réservée aux films cinématographiques ?

Bien sûr qu’il y a un code d’honneur, mais il n’a rien à voir avec la vision romantique distillée par les romanciers et autres cinéastes. Il faut casser ce mythe du bandit d’honneur, nous n’avions rien à voir avec Robin des Bois. Il ne faut pas tout confondre. Le milieu n’est constitué que de criminels pas de curés. Non le code d’honneur des bandits ne s’embarrasse pas de bons sentiments et est d’une simplicité déconcertante. On ne balance pas ou on le paye de sa vie. C’est en tous cas ce qui est arrivé à toutes les balances dont j’ai entendu parler.

Vous avez passé 35 ans en prison : à votre avis, le système carcéral français permet-il une réinsertion sociale ?

Je crois être la preuve vivante que non et pourtant j’ai tout connu en la matière. Les cachots d’après guerre où l’on portait des costumes de bure et des sabots, les quartiers de haute sécurité, le mitard et dernièrement les prisons quatre étoiles. Non faites moi confiance, la prison est le dernier endroit où l’on peut se réinsérer, et ce n’est pas la politique actuelle qui va améliorer les choses. Les gars sont logés, nourris, blanchis, ils ont même le droit à la télé et ce n’est un secret pour personne, l’administration pénitentiaire ferme les yeux sur la drogue, les téléphones portables etc... Que demander de plus à part la mixité ?

Vous racontez dans votre ouvrage qu'il y avait du respect autrefois entre policiers et bandits et réciproquement et qu'il n'y en a plus aujourd'hui. Quelles en sont les raisons ?

Je ne dirais pas qu’il y avait du respect. Nous n’aimions pas les flics qui nous le rendaient bien, mais il est vrai que les choses étaient différentes de maintenant. Nous étions tous dans le même bateau. Il y avait eux et nous, on jouait au chat et à la souris en quelque sorte. Mais il faut bien se dire que nous avions malgré tout une certaine morale. Il n’était pas question pour nous de nous en prendre directement à eux comme c’est le cas aujourd’hui. J’ai entendu quelque part que des jeunes avaient littéralement attiré des condés dans un guet-apens juste pour casser du flic. Ce n’était pas notre genre. À l’époque, nous vivions en marge de la société, nous n’étions pas en rébellion contre elle. Je ne comprends pas très bien le comportement des gamins à l’égard des policiers. Je ne vois pas ce qu’ils leur reprochent. Ils sont devenus doux comme des agneaux et je parle en connaissance de cause. Les interrogatoires d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’antan. Il n’y a plus de violence dans les commissariats alors que certains flics qui m’ont interrogé autrefois avaient régulièrement recours à la torture.

Il y a une fascination contemporaine pour les grands bandits à travers des livres, des films (Spagiari, Mesrine...) vous en avez connu un grand nombre, quels sont ceux qui vous ont laissé un souvenir particulier, par leur "humanité" ?

Je ne sais pas si j’aurais employé le mot humanité mais il est vrai que certains de mes anciens camarades avaient une personnalité qui sortait de l’ordinaire. C’était le cas de Nonoeil avec lequel nous avons au sein du Gang des Lyonnais écumé la France entière. Il était un véritable ami. Mais il n’y a pas que lui. Vous parliez à l’instant de Mesrine que j’ai bien connu en prison. Lui aussi était un cas à part. Rien ne le prédestinait à devenir ce qu’il est devenu et pourtant… Il était un génie du braquage, le roi de l’évasion, l’ennemi public numéro 1…

Et si votre vie était à refaire, que feriez-vous ?

Certainement pas la même chose. J’ai mis le pied étant jeune dans un engrenage qui m’a conduit à passer la moitié de ma vie en prison. Pourtant je ne regrette rien si ce n’est d’avoir été un poids pour ma famille en diverses occasions. Cela dit je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école très longtemps et si j’ai passé mon certificat d’études, ce n’est que sur le tard et dans l’unique but d’obtenir une remise de peine. Aussi je ne sais pas ce que j’aurais pu faire, j’ai besoin d’action. L’armée aurait pu être une solution, mais comme vous le verrez en lisant mon livre, la discipline militaire ne me convenait pas. Non je pense que si cela s’était présenté, je serais peut être devenu mercenaire.

Propos recueillis par André Senier

Voir aussi

Articles connexes

Actualité de l'Histoire: l'interview de Jeannot 3 Doigts  : http://actualite-histoire.net/articles/33H/itw33H044.pdf

Le JSL: http://www.lejsl.com/actu/macon/20090113.JSA9268.html

Liens externes

http://www.actualite-histoire.net/index.html

  • Eric Garnier chez Jacques Pradel sur Europe 1: Café Crime du 21 janvier 2008

http://www.europe1.fr/Radio/Emissions/Cafe-crimes-Jacques-PRADEL/(date)/21/01/2009


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